Publicité

Pas de transport gratuit pour des enfants défavorisés

10 mai 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ils s?occupent de l?éducation de 600 jeunes rejetés du système éducatif mauricien. Et pourtant, l?Etat ne reconnaît par officiellement leur travail et ce faisant, leurs élèves, pour la plupart provenant de familles défavorisées, ne peuvent bénéficier du transport gratuit.

Actif à travers 16 centres situés dans les quatres coins du pays, l?Adolescent Non-Formal Education Network (ANFEN), lutte âprement pour sa survie afin de pouvoir rester au service de ces jeunes qu?il tente de reconcillier avec l?éducation.

?Nous luttons pour que nos 600 jeunes soient reconnus. L?Etat ne nous prend pas au sérieux et pourtant, nous ne faisons pas les choses au petit bonheur? , constate Bernard d?Argent, secrétaire d?ANFEN.

A de trop fréquentes reprises, l?organisation a essayé d?attirer l?attention de ceux qui dirigent le pays, mais en vain. Depuis janvier 2005, des échanges avec les autorités compétentes ont eu lieu à 20 reprises. Du ministère de l?Education à la Private Secondary Schools Authority en passant par des courriers et rencontres avec le ministre de la Justice ou celui de la Culture, tout a été fait pour sensibiliser. Mais les choses n?ont pas encore abouti.

?On nous renvoie d?un côté à l?autre et au final, nous tournons en rond. Et le plus frustrant, c?est que nous ne demandons même pas de subventions. Nous demandons seulement que nos élèves soient considérés de la même manière que les autres jeunes. Ils réalisent encore une fois qu?ils sont traités de manière différente que les autres adolescents?, déplore Bernard d?Argent.

ANFEN propose une pédagogie inclusive et essaie de redonner confiance en soi à ceux que le système scolaire ?formel? a oubliés en cours de route. Créé en 2000, à la suite d?une initiative de l?Unicef, l?ANFEN regroupe 16 centres, dont certains existent depuis 30 ans. L?organisation est enregistrée comme une institution charitable depuis 2003.

Aujourd?hui, ANFEN désire être reconnu officiellement par le ministère de l?Education en tant qu?institution procurant un enseignement de type non-formel. Ce qui s?avère beaucoup plus difficile que prévu.

Et contrairement à ce qu?avait déclaré le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, en réponse à une question parlementaire le 18 avril, l?ANFEN n?est pas à la recherche d?un ?grant-aided registration?, affirme sa direction. Elle avance comme preuve les correspondances que l?organisation a envoyées au ministère de l?Education.

Paradoxalement, alors que le gouvernement veut ?démocratiser l?accès à l?éducation? grâce au transport gratuit, cela ne s?applique pas aux élèves de cette institution qui regroupe pourtant bon nombre d?enfants issus d?un milieu précaire.

Publicité