Publicité

Pas de résultats concrets dans la lutte contre la pauvreté

2 octobre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Depuis 1995, huit programmes ont été initiés au niveau national afin d?éliminer la pauvreté. Financés par l?Union européenne, par le gouvernement ou d?autres, certains de ces programmes ne sont plus. D?autres, à l?instar de l?Empowerment Programme, sont encore tout jeunes.

Un fait demeure toutefois. Les mesures mises en place au fil des années n??ont pas donné les résultats escomptés?. Les membres d?Organisations non gouvernementales(Ong), syndicalistes et économistes participant hier, au Rajiv Gandhi Science Centre, à une conférence sur le thème : ?Poverty in Mauritius ? An agenda for reflection and action : articulating the local with the regional?, en sont convenus.

?Faisons-nous ce qu?il faut ou bien sommes-nous en train de jeter l?argent down the drain ??, s?est demandée la présidente du Mauritius Council of Social Services (Macoss) Manda Boolell.

Peut-être bien si l?on en croit le chiffre avancé par Jean Claude de l?Estrac, président de l?Empowerment Programme. Si 1 % du Produit intérieur brut (PIB) était redistribué en ?direct cash transfer?, la pauvreté pourrait être éliminée à Maurice. Actuellement 3,7% du PIB est dépensé ?sans pour autant que la pauvreté soit éliminée?.

Où va donc cet argent ? Les services sociaux et communautaires reçoivent le plus gros du budget de l?Etat. Ali Mansoor, secrétaire financier, explique que 40 % du budget est alloué au ?Social security-Welfare.?

La majeure partie de cette somme étant dépensée pour la Basic Retirement Pension et la Public Service Pension. Le financement de la pauvreté, lui-même, sera abordé aujourd?hui lors de la deuxième et dernière journée de la conférence.

Prélude à la conférence de la South African Development Community sur la pauvreté qui aura lieu en avril 2008 à Maurice, cette conférence de deux jours, une initiative de Sheila Bunwaree et Roukaya Kasenally avec le soutien du Macoss et du Southern Africa Trust, aura permis aux parties prenantes de s?exprimer sur la question. Sauf les ?pauvres? eux-mêmes.

<B>Risques d?actions perverses</B>

Et pourtant, ils sont nombreux les intervenants à avoir lancé ?listen to the poor?. A avoir dit que les pauvres doivent être parties prenantes des programmes initiés pour leur venir en aide sous peine de ne pas aboutir à des résultats positifs.

Paula Lew Fai, psychosociologue, ira même jusqu?à dire que ?malgré la bonne volonté et les fonds, il peut y avoir des actions qui s?avèrent perverses. On peut même enfermer les gens encore plus dans la pauvreté?. Filip Fanchette a abondé en ce sens en ajoutant que la première chose que l?on enseigne aux membres des ONG qui vont sur le terrain c?est : ?ki manyer pa fer dega?. Shyam Hurbungs project manager au sein du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, d?ajouter que ?si les pauvres ne sont pas impliqués dès le début, il n?y a pas d?espoir de réussite?.

Selon Paula Lew Fai, les personnes que les programmes d?aide ciblent sont ceux qui ?auraient pu être dan bien mais qui par un accident de parcours se retrouvent dans la misère?. Un nombre infime de personnes qui ont besoin d?un coup de pouce ou d?une formation.

<B>?Difficiles à atteindre?</B>

?Ceux-là sont les plus atteignables.? Et ceux qui vivent au jour le jour. Ceux qui ?à cinq heures, ils ne savent pas ce qu?ils vont manger à sept? ? Ceux-là, ils sont difficiles à atteindre.

C?est ceux-là même que l?Empowerment Programme essaie d?aider. Avec, selon les dires de son président, ?des résultats encourageants?.

Encore plus à comptabiliser. Les chiffres du Bureau central des statistiques pour 2001-2002, dénombre 7,8 % de pauvres dans le pays. Jugé obsolète par beaucoup, on avance aujourd?hui un chiffre de 10 à 12 %. Il y a aussi ces 268 000 Mauriciens qui vivent avec moins de Rs 8 000 par mois.

Publicité