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Pas de retraite au soleil pour Ghislaine

20 août 2006, 00:00

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Ghislaine Vandeputte broie du noir. Mariée à un Mauricien depuis quatre ans, cette ressortissante française, âgée de 75 ans, s?attend à être expulsée de Maurice d?un moment à l?autre. Elle n?arrive pas à croire qu?elle devra quitter le pays où elle pensait passer une paisible retraite.

« C?est à n?y rien comprendre », lâche-t-elle, sans se départir de son sourire. La dame, vêtue d?une robe fleurie, et arborant collier de perles et boucles d?oreilles assorties, confie qu?elle en a perdu le sommeil et l?appétit. Et dire qu?elle risque de tout perdre à cause du laxisme des autorités, dit-elle.

Il y a un an, la ressortissante française a pourtant effectué toutes les démarches en vue d?obtenir le statut de résidente permanente. « J?ai fait ma demande auprès du bureau du Premier ministre en novembre dernier. Je me suis rendue au Spouse Office du bureau de l?immigration? », confie-t-elle. Mais sa demande et ses lettres sont restées sans écho.

Pour autant, Ghislaine Vandeputte n?en fait pas tout un plat et continue à couler des jours tranquilles à Grand-Baie, où elle donne parfois des cours de français à des ressortissants étrangers. Jusqu?au jour où elle est abordée par deux officiers de l?immigration à sa sortie d?un casino. « Ils m?ont dit qu?ils avaient une lettre à me remettre. » Mais, avec son sens habituel de la répartie, la septuagénaire leur lance qu?il vaudrait mieux que ce soit une bonne nouvelle? et elle tombe des nues en ouvrant l?enveloppe.

« Je n?ai aucune envie de partir »

La lettre, datée du 9 août 2006, et à en-tête du bureau du Premier ministre, l?informe qu?en se basant sur l?article 6 (1) de l?Immigration Act : « I propose to deprive you of your status of resident in Mauritius. You are hereby required to show cause within 10 days of the issue of this letter? »

« Je n?ai aucune envie de partir », lâche la septuagénaire. Puis, elle se ravise, et souligne d?un air moqueur qu?elle pourrait déposer ses bagages au Maroc où « on ne vous fait pas de coup tordu » ou à Madagascar où la vie n?est pas chère. Et qu?en est-il de son mari ? « Si dans ces circonstances, je dois me séparer de mon mari et de ce pays, alors ce sera un véritable drame. »

Mais la vieille dame ne baisse pas les bras. Elle a décidé de se battre pour obtenir le droit de vivre à Maurice. « J?ai besoin de soleil et de fleurs, de la gentillesse des Mauriciens? »

Prêt à aller en Cour suprême

Pour Me José Moirt, son avocat, les dessous de cette affaire restent un mystère. Après une première lettre adressée au bureau du Premier ministre, pour expliquer la situation de sa cliente, il vient de faire parvenir un second courrier.

« Nous ne contestons pas le fait que la délivrance du permis de résidence soit à la discrétion absolue du Premier ministre. Mais ce qui nous pose problème, c?est qu?on refuse de nous expliquer les raisons de l?éventuel renvoi de Mme Vandeputte. Elle n?a pourtant rien à se reprocher », confie l?homme de loi.

L?avocat se dit même prêt à aller jusqu?en Cour suprême si tous les recours devaient échouer. Il dénonce, par ailleurs, le paradoxe de la situation :

« Le gouvernement est en totale contradiction avec lui-même. D?un côté, on incite les étrangers à s?installer à Maurice, et de l?autre, on renvoie ceux qui sont présents sur le territoire. »

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