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Pas de deux
Tempérament sanguin. ?Come papa darling?. Sa fille qui l?appelle, Indiren Muneesamy est monté sur ressorts. Ses excuses flottent toujours derrière lui qu?il est déjà parti. La soif le pèse ? Juste le temps de dire oui, qu?il est déjà parti vous préparer ?quelque chose de chaud?. Mouvements sans efforts. Sans bruits, car il marche pied nus sur le tapis.
Et toujours ce visage qui change. Qui mime les expressions pour vous montrer de quoi il veut parler. Pour vous parler de sa danse. De sa vie. Vite, un doigt touche l?orteil. Cela, c?est pour la souplesse. Vite, les yeux se rapetissent, le sourire s?efface, le doigt se fait menaçant. Cela, c?est pour la colère.
Bharata natyam, danse de dévotion. C?est son attache spirituelle. Un spectacle, ?c?est comme un jour de jeûne?. Danser pour se purifier. Danser pour se rendre meilleur. Toujours chercher à s?améliorer. Ne jamais manquer ce rituel qui consiste à se rendre une fois l?an en Inde ? de préférence vers novembre, décembre ? auprès de son maître Venkatachalapathy.
Bien qu?Indiren enseigne lui-même la danse au Mahatma Gandhi Institute (MGI) depuis 1990, il retrouve alors ses automatismes d?élève. Adresse toujours la parole à son maître en se tenant mains jointes et tête baissée. Ne cherche jamais à l?interrompre quand il parle. Ne se met pas debout si le maître est assis.
C?est aussi cela sa danse. Une discipline du c?ur. Une discipline de vie. Du respect. évidemment, cela rend exigeant. On n?admet moins l?insouciance de ses propres élèves. On ?crie beaucoup? comme il nous le confie.
Et surtout, on aspire à ce que ?là où on danse, devienne comme un temple?. C?est pour cela que hors des théâtres, des salles et des temples, Indiren Muneesamy refuse de se produire dans des cabarets d?hôtels. ?Vous comprenez, les gens vont manger, boire??
Une danse demi-assise
Au fil des paroles, des postures exécutées dans le salon pour nous expliquer la difficulté de cette danse ?demi-assise?, Indiren danse pour nous sa passion.
Et dire que jusqu?à l?adolescence, il ne pensait pas une seule seconde devenir danseur de bharata natyam. Lui, au départ, il voulait être chanteur. Il en avait envie dès l?âge de sept ans.
Indiren secoue ses boucles d?oreilles. Même quand il s?envole pour le Tamil Nadu Government Music College en 1984, avec une bourse en poche, il y va pour apprendre le chant.
Sauf que quelques jours avant la rentrée, il va voir un spectacle. Celui de Rajeshwari, qui finira par devenir son guru. ?C?est elle qui m?a demandé si je voulais danser.? Très surpris, Indiren finit par accepter. Mais il garde le secret. Ne dit rien à ses parents. Ne revient pas en vacances, parce qu?il sait que ses parents ? son père était messenger à la Cargo Handling Corporation ? font suffisamment de sacrifices comme cela. Il bosse assidûment pour rattraper son retard sur ceux qui ont commencé la danse dès l?âge de quatre ans.
La danse décidément, c?était écrit. C?est à travers un spectacle qu?il rencontrera celle qu?il va épouser : Maleena Jugroop. Depuis, elle (danse le bharat natyam aussi) a installé son école à leur domicile. Il s?agit de Natyanjali. Un spectacle, pour les cinq ans d?existence est en préparation. Une occasion de plus de partager la même intensité de mouvement.
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