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Pas de cadeau pour les 100 ans
La perte du titre de champion d'Europe, en juin, au Portugal, le départ de quatre champions du monde (Desailly, Thuram, Lizarazu et Zidane) et la difficile reconstruction entamée par Domenech ont gâché le centième anniversaire de l'équipe de France de football.
En 2004, une page s'est tournée. Sans conteste la plus glorieuse depuis le premier match des Bleus, disputé en Belgique (3-3) le 1er mai 1904. Celle d'une génération hors du commun, façonnée par Jacquet sur les ruines de l'élimination du Mondial 1994, qui devint championne du monde en 1998, puis d'Europe en 2000, avec deux Coupes des Confédérations en 2001 et 2003.
Après Laurent Blanc et Didier Deschamps, en 2000, cette génération a vu partir quatre autres joueurs d'exception, 409 sélections à eux quatre, laissant un vide immense.
Marcel Desailly, et son record de sélections (116). Lilian Thuram, avec ses deux buts marqués contre la Croatie lors du Mondial 98. Bixente Lizarazu, qui s'offre un retour en Ligue 1 à Marseille. Et, celui que le peuple bleu regrettera, Zinédine Zidane.
Si les retraites de Desailly, voire Lizarazu, étaient pressenties, celles de Thuram et de Zidane sont empreintes d'une certaine lassitude née d'un second échec en deux ans. Car, après le Mondial 2002 et sa pitoyable élimination au 1er tour, les Bleus ont encore déçu à l'Euro 2004.
Ils ont pourtant entretenu un temps l'illusion en arrachant une victoire mémorable devant l'Angleterre (2-1), puis en terminant premiers de leur poule après les matches contre la Croatie (2-2) et la Suisse (3-1).
Mais les stars ont une nouvelle fois été rattrapées par leur calendrier surchargé et la Grèce, comme le Sénégal ou le Danemark deux ans plus tôt, en a profité pour assommer Barthez et les siens en quarts de finale (1-0).
Battue, abattue, la France veut alors changer d'ère. Retrouver l'humilité, retrouver l'envie. Et trouver aussi un remplaçant à Santini qui, avant le début du tournoi, s'était engagé avec Tottenham, par dépit de ne pas avoir reçu de proposition de prolongation.
Domenech, 52 ans, après onze années à la tête des Espoirs, reçoit le soutien de Jacquet, désormais DTN, pour prendre un poste de sélectionneur que lorgnaient Laurent Blanc et Jean Tigana.
Et comme Jacquet au lendemain du terrible France-Bulgarie (1-2) du 17 novembre 1993, Domenech est chargé de reconstruire une équipe, de tester des systèmes, de faire des choix. Mais si Jacquet avait bénéficié de sept mois de matches amicaux pour se roder, l'ancien défenseur de Lyon doit se frotter dès septembre aux qualifications du Mondial 2006.
La France semble certes au-dessus du lot dans son groupe, mais la peur de mal faire, l'inexpérience des nouveaux et la mauvaise foi à peine masquée de quelques anciens - dont Robert Pires - gênent sa progression. Après quatre matches, les Bleus ont déjà perdu de précieux points dans un Stade de France redevenu aussi froid qu'avant le Mondial-98, face à Israël (0-0) et à l'Eire (0-0). Les prochains rendez-vous contre la Suisse et Israël, fin mars, apparaissent dès lors comme des obstacles majeurs pour la jeune classe.
L'équipe de France est bien retombée dans l'une de ces phases instables qui ont suivi chacune des périodes riches de ses cent ans d'histoire. Va-t-elle durer vingt ans comme après le Mondial-58 ? Seulement douze comme après l'Euro-84 ? Ce sont des interrogations qui escortent l'équipe de France à l'heure d'ouvrir la page 2005.
Une année où la France va perdre son dernier titre puisqu'elle n'est pas qualifiée pour la Coupe des Confédérations. Une année, surtout, qui doit emmener au Mondial 2006 en Allemagne une nouvelle génération bleue chargée d'assumer un bien lourd héritage.
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