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Parole de braqueur repenti !

19 février 2005, 00:00

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Toile de fond. Vous faites partie d?un gang qui effectue un vol dans une banque. Mettons Rs 51 millions. Et le préposé dans le «vault» est retrouvé mort. Vous vous rendez aux autorités dans les jours qui suivent et vous expliquez :

Scénario. Oui, vous avez été jusqu?à la chambre forte. Oui, vous pouvez retracer le chemin précis d?accès (grâce à V). Oui, vous reconnaissez que diverses portes qui étaient supposées être fermées sont ouvertes. Vous vous retrouvez, comme par enchantement, dans la chambre des coffres. Vous dites alors avoir monté une mise en scène à la demande du préposé, disons G. Vous déclarez qu?il fallait laisser des traces pour faire authentique. G meurt. Rs 51 millions ont disparu et vous expliquez que cet argent était déjà sorti par G, la veille. Et que ce qui s?est passé ce vendredi matin est une mise en scène «gone wrong».

Qu?est-ce qui cloche? Y a-t-il quelque chose qui gêne qui que ce soit ici ? Par exemple, la police avant qu?elle ne balance le nom de G comme le commanditaire de la mise en scène ?

Laissez moi essayer : D?abord, puisqu?il est remplaçant pour la fête du Printemps, G n?aurait eu qu?UN SEUL JOUR pour évacuer les Rs 51 millions. Soit le jeudi. Il n?a dès lors que la nuit de jeudi à vendredi matin pour rencontrer ceux qui voudront bien participer à la mise en scène, les convaincre, discuter de leur salaire etc? Cela vous paraît crédible ?

Stop ! Si cela vous paraît possible, expliquez-moi comment, selon le braqueur, il a été possible, au moins deux fois précédemment, de «faire une tentative» (avortée, certes) SANS que G, celui qui commandite apparemment leur entrée dans le «vault», ne soit en poste pour y participer ! En effet, souvenez-vous, G remplace Mme K qui elle même remplace son chef?. parti en congé depuis jeudi seulement. Moi il me semble que toutes les tentatives n?ont de chances de réussir que si la MêME personne est, dans les trois cas, «en poste» et que les deux premières fois, il (ou ils..) hésite et recule. Ce n?est pas logique ? Ou alors il y une course entre au moins 2 préposés de la banque pour qui ferait sa mise en scène «en premier».

Mais ce n?est pas fini. Imaginez la scène suivante. G s?en va trouver au moins un membre du gang le jeudi soir (il faut des contacts antérieurs ? sont-ils établis ? - ou est-ce que l?annuaire fait aussi la liste de ce genre de services ?) et lui tient à peu près ce langage : «J?ai volé Rs 51 millions, mais j?ai ABSOLUMENT besoin de masquer ce fait demain matin. J?offre donc Rs 500 000 à qui veut se prêter au jeu. Venez risquer votre peau à pénétrer la salle des coffres. Laissez-y un maximum de traces pour faire vrai (si vos empreintes sont déjà fichées à la police, c?est tant mieux! (PS : c?est apparemment au moins le cas de Monvoisin) attachez-moi et rouez-moi de quelques coups et puis ?disparaissez quelques jours pour jouir de votre fric bien mérité ! Quant à moi, l?on viendra me détacher et je pourrais, après quelques mois ou années, commencer à vivre comme un nabab, sans éveiller de soupçons.»

Ce qui cloche ici, c?est le degré de bêtise attendrissant des bandits. En effet, les voilà devant quelqu?un qui est propriétaire d?une telle somme (mettons qu?il ne précise pas le montant) qu?il est prêt, au lieu de fuir, à payer des bandits et à être frappé. Si vous étiez bandit, qu?auriez-vous fait alors : accepter de courir le risque d?aller en banque pour Rs 500 000 ou ? braquer G sur-le-champ ! En effet, quoi de plus appétissant que la possibilité de bloquer G tout de suite, lui mettre un couteau à la gorge et lui faire avouer ou sont les Rs 51 millions ; d?autant que ceux-ci sont, définitivement et alors très certainement hors de la banque et donc à portée de main ! En effet, cette bêtise est touchante.

Ma question à moi c?est QUI a imaginé ce scénario de gamin, dont les pierres angulaires sont clairement que, d?une part, le «cerveau» est mort et ne peut se défendre et, d?autre part, que le fric est alors théoriquement «hors du contrôle» des braqueurs repentis. Il n?est donc plus nécessaire de dire à la police ou il est, du moins pas à l?officiel, et encore moins de le ramener ! Ce qui a l?avantage, en passant, de laisser un contrôle total et entier d?une jolie somme qui permet, potentiellement, d?acheter la collaboration de beaucoup de monde.

Je n?ai pas de preuves. Je ne nomme donc personne. Je ne suis pas policier. Je ne balance donc aucune allégation personnalisée à la presse. Par contre, je réfléchis et je pense avoir un sens de la logique qui me mène à choisir le scénario le plus probable. A ce propos : deux versions identiques de braqueurs repentis ne constituent pas nécessairement une preuve. Ce serait trop facile. Cela peut également être une conspiration, par exemple. Et que penser quand une troisième version contredit les deux premières ?

A quand le prochain nom, la prochaine allégation, la prochaine fumisterie sans preuve que l?on puisse soupirer d?horreur, se partager des «Tu as vu ça ?» et se dire que le monde est tellement pourri que?l?on peut soi même envisager de s?y joindre ?

Allons messieurs ! Un peu de tenue, voyons !

PS : On cherche toujours les Rs 500 000 «cachées dans des buissons».

Agatha HOLMES

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