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Paris et Berlin tentent de s?accorder sur la Turquie

4 décembre 2004, 00:00

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La France et l?Allemagne, rassurées par le «oui» des socialistes français à la Constitution européenne, se sont efforcées jeudi d?accorder leurs violons sur la Turquie, à deux semaines du sommet européen de Bruxelles qui se prononcera sur ce dossier. «La France et l?Allemagne veulent arrêter une position commune sur ce point pour le conseil européen» du 17 décembre, a déclaré le chancelier Gerhard Schröder lors d?une conférence de presse commune avec le président Jacques Chirac à l?issue d?un sommet informel à Lübeck, dans le nord de l?Allemagne. «Nous sommes tout à fait d?accord avec les propositions faites en la matière par la Commission européenne (...) C?est une bonne base de travail», a-t-il rappelé. «Ce que nous voulons, c?est l?adhésion de la Turquie», a-t-il insisté.

Gerhard Schröder a reconnu que les négociations avec Ankara pourraient durer longtemps et que le résultat était «ouvert». «On ne peut pas préjuger de l?issue» mais «l?objectif c?est l?adhésion et rien d?autre», a-t-il dit. «Cela dit, si les négociations ne devaient pas aboutir, il faut que nous ayons une solution et la commission a fait des propositions qui vont dans le bon sens.» Jacques Chirac, qui s?est dit «tout à fait en phase» avec la position du chancelier Schröder, a souligné de son côté que «l?Allemagne et la France partagent un même objectif, c?est-à-dire faire entrer la Turquie dans l?Union européenne car c?est l?intérêt de tous et de chacun que d?avoir une Europe forte, solide et assurée de ses frontières».

«Si l?ensemble des conditions requises ne sont pas remplies, la négociation s?interrompra», a-t-il ajouté, et il faudra «rechercher le moyen d?éviter que cette rupture conduise à une espèce de séparation entre la Turquie et l?Europe». Jacques Chirac a rappelé que la Turquie devait pour entrer dans l?Union respecter les critères de Copenhague en matière de droits de l?homme et d?économie de marché.

Il a lui aussi souligné que la négociation serait «longue et difficile» et a répété qu? «en toute hypothèse» la décision serait soumise aux Français par référendum «le moment venu». Au lendemain du «oui» des socialistes français au projet de Constitution européenne, Jacques Chirac s?est félicité d?une «bonne nouvelle pour l?Europe».

Emmanuel JARRY

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