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Parcours d?un producteur de lait
Au fil des années, Sooviraj Choolun, 34 ans, président de la Milk Producers Cooperative Society, a appris à jongler avec les difficultés. Son étable ? 12 000 pieds carrés sur un terrain de 86 arpents ? se situe à La Brasserie où il possède 85 vaches qui produisent entre 675 et 800 litres de lait pas jour. La coopérative regroupe douze membres qui militent pour la reconnaissance des producteurs de lait.
« C?est en 1994 qui monn commence faire mo premier tentative pu vinn ène producteur. Mo ti déjà dans l?agriculture, mo famille éna plantation, mais mo ti déjà persuadé à l?époque qui ti éna l?avenir dans sa secteur là ! », affirme Sooviraj Choolun avec conviction.
Enthousiaste et dynamique, il se met alors en contact avec des fermiers d?Afrique du Sud. Il importe 20 vaches laitières, des génisses, réputées pour produire 7 500 litres de lait par lactation. Une lactation équivaut à une récolte de 360 jours par an. Et débute vraiment avec 45 vaches. « J?ai commencé par écouler ma production journalière avec l?Agricultural Marketing Board. Un litre de lait coûtait à l?époque, Rs 9. »
Mais en 2001-2002, une maladie s?attaque aux vaches ; la lymp-skin disease qui contraint bon nombre de fermiers à abattre leurs troupeaux. Vaccinées, ses vaches sud-africaines sont épargnées.
Les intérêts de ses prêts commencent à lui peser. Cette fois, il a d?autres objectifs en tête. « C?est après ça qui monn pensé pu étendre mo business ! », confie-t-il. Ainsi, non seulement il vend son lait à l?Agricultural Marketing Board, mais aussi aux hôtels et aux boulangeries. De 1998 à 2005, il n?a reçu que 50 sous d?augmentation par litre de lait avec l?Agricultural Marketing Board. « Mo pa comprend ! », s?insurge-t-il. « Comment ou lé qui bann producteurs continué travail si système là pa pé bouzé ? ».
L?Agricultural Marketing Board revend le lait à Rs 14 le litre. Mais du 24 décembre au 4 janvier, il n?en achète que 125 litres. La raison invoquée : la demande n?est pas aussi importante vers ces dates. « Donc, au lieu qui mo payé pu 500 litres, zot demand mwa juste 125 litres. Moi, mo bisin donne bonus aussi mo bann employés ! », explique-t-il.
Une production de 1 500 à 2 500 litres
En lançant cette entreprise, il voulait atteindre une production de 1 500 à 2 500 litres de lait par jour jusqu?en 2007. Il en est encore loin. Un facteur ralentit la production, c?est le fourrage. Le ramassage de l?herbe s?effectue à 5 heures du matin avant la traite. « Si nu lé être compétitif, nu bisin capable gagnn bon l?herbe. Li ti pu bon si gouvernement capav introduire bann nouveau qualité l?herbe et plis facilités pu qui nu ramasse bann fourrage ! »
Et puis, dit-il, il faudrait revoir les allocations de terrains pour les éleveurs. Son terrain à lui s?étale à perte de vue. S?il a eu cette chance, il n?y a pourtant pas assez de libéralisation des terres. Car, en plus du financement des terres, il faut aussi compter sur la mécanisation.
Enfin, il ya des lacunes au niveau du service vétérinaire. « Sa bann dimounn Agriculture Research Extension Unit là, ti bisin vinn plis souvent lors terrain ! Zot supposé bann techniciens qui pu supportent et conseillent bann éleveurs mais éna ène seul vétérinaire par région et éna qui pas exposé à l?élevage à grande échelle ! », explique Sooviraj Choolun. Voilà ce qui l?a incité à suivre un cours d?assistance vétérinaire pour éleveurs sur un site web américain. Et ses nombreux contacts avec les éleveurs d?Afrique du Sud lui sont d?une précieuse aide.
En sept ans, cet éleveur n?a pas fait de réel profit. Il a tout simplement travaillé pour obtenir un revenu suffisant afin de faire tourner son entreprise. Il espère que l?élevage gagnera en importance avec ce nouveau gouvernement. Et que la part de 2 % de production de lait frais sur le marché local passera à 20 % au moins.
« Mo confiant? »
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