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Parapsychologie ?
Il est fréquent d?entendre parler de télépathie, d?hallucination, de voyance, etc., mais sait-on exactement de quoi l?on parle ? Au 19e siècle, est né, pour englober cet ensemble de manifestations extra-normales, le terme de « Métapsychique », suivi plus tard de « Métapsychologie », pour aboutir au terme utilisé aujourd?hui : la Parapsychologie.
Dès les années 1900, l?éminent professeur Charles Richet, physiologiste français, prix Nobel de médecine 1913 pour sa découverte de l?anaphylaxie (qui aboutira à la mise en évidence des allergies) dirigeait les recherches de l?Institut Métapsychique International qu?il avait fondé en 1919. Il regrettait alors que, dans la masse des faits observés, l?on n?aboutisse pas à une théorie générale. Bien entendu, au regard de la science officielle ? dont le Pr. Richet était un membre incontesté ? il ne pouvait pas y avoir de « science » métapsychique. Ce n?était que bizarreries, visions de médiums douteux. Malgré les études sérieuses menées sur la prémonition et la clairvoyance.
Le mérite d?élaborer une recherche systématique sur ces phénomènes paranormaux reviendra à l?américain J.B. Rhine. En ce domaine, le travail de base est : la méfiance, le doute, la circonspection. Car les supercheries foisonnent. Applaudir un prestidigitateur à l?adresse incroyable ; consulter un « sorcier », ou rencontrer des fantômes, tout cela ne relève pas de la parapsychologie, mais de la crédulité ou d?un mental surmené. Or, disons-le, la majorité de ces prétendus « pouvoirs » est fausse et relève du truquage. Au Brésil, par exemple, règne encore une école de praticiens issus du spiritisme d?Allan Cardec (mort en 1869) et qui prétendent guérir mieux que les psychologues médicaux.
Or, comme le disait Richet, pour que la parapsychologie devienne crédible, il faut qu?elle s?affirme dans le cadre de la science, entrer dans l?observation expérimentale : « Si les phénomènes psy existent (ce qu?il appelait le 6ème sens) ils sont portés par une forme d?énergie qu?il faut parvenir à mesurer. » La théorie des « neutrinos », particules de masse très faible, pourrait être un début d?explication? Ce qui est certain, c?est que des phénomènes au-delà du normal se manifestent. Ainsi, l?ingénieur René Warcollier a réalisé, à l?institut Métapsychique des expériences prouvées de transmission de pensée ou télépathie. Ce que nous vivons parfois dans nos existences de tous les jours.
Revenons à Rhine. Il commence par utiliser un matériel très simple : les cartes de Zener, qui éliminent tout truquage possible. Que chacun d?ailleurs peut réaliser chez soi, un jeu de société qui en vaut un autre? Il s?agit d?un paquet de 10, 15, 20 cartes (au choix) de carton blanc, comportant chacune les cinq figures symboliques suivantes : le signe +, l?étoile à cinq branches, le carré, trois lignes ondulées superposées en vagues, le cercle. Le tracé sera épais, permettant une lecture facile. Expérience de base : on distribue en des enveloppes opaques cinq cartes.
Le joueur A va s?isoler, soit dans une autre pièce, soit à l?abri d?un meuble ou d?une cloison opaque. L?opérateur B mène la « lecture ». Tous deux décident qu?après cinq minutes ? régler les montres à l?unisson et le moment du démarrage ? donc après ces minutes de concentration sur l?une des cartes choisies par B, on passe à la carte n°2 (après un temps court de repos, deux minutes, par exemple). Pendant que B choisit l?un des symboles d?une carte et se concentre sur le signe qu?il a sous les yeux, A note fidèlement, « devine » ce qu?il perçoit. À la fin de la « partie », on compare les notes de A et de B. On pourrait tout aussi bien se concentrer mentalement sur tel ou tel signe, sans aucun matériel. Mais le « support » des cartes à dessins aide à la concentration : c?est la technique des cartomanciennes : on ne LIT pas l?avenir DANS les cartes, mais les cartes du Tarot sont un truchement, un intermédiaire qui aide à percevoir la destinée du demandeur.
Donc le Pr. Rhine, qui a complexifié le schéma de base que nous avons lu, répète inlassablement ces « lectures » mentales, les confrontant jour après jour, sélectionnant alors les meilleurs sujets. Comment lire ces résultats ? Le calcul des probabilités donne 3O % environ de réussite. Au-delà, il s?agit, ou de coïncidences, ou d?un certain don de voyance. Si le « hasard » de la coïncidence se répète sur, disons 6O % de réussites au cours d?un nombre important d?expérimentations, nous ne sommes plus dans le hasard ? d?ailleurs, le « hasard » n?existe pas, il cache nos ignorances. À partir de sujets sélectionnés, on mènera des expériences de plus en plus complexes. Pour parvenir à des opérations en terrain réel? Mais? (La richesse du sujet m?oblige à poursuivre dans une prochaine chronique.)
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