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Paradoxe

7 octobre 2007, 00:00

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Paradoxe

On ne peut pas gouverner, des épines dans le pied. Ceux qui ne sont pas capables de se rallier autour d?un projet, d?une ligne décidée, doivent être invités à se séparer de l?équipe. Tout chef a ce courage, quelles qu?en soient les conséquences. Les conditions de la réussite, c?est la cohésion de l?équipe autour du projet. Les critiques ne doivent servir qu?à améliorer sa mise en ?uvre.

La règle vaut partout, en entreprise comme au gouvernement.

La tolérance de Navin Ramgoolam à l?égard des dissidents au sein de son gouvernement a failli lui coûter sa réforme économique. Rama Sithanen a rangé sa lettre de démission, le Premier ministre a été secoué, mais il ne s?est pas pour autant réveillé. Il a continué à tolérer l??uvre de destruction. Des intérêts électoralistes ont continué à supplanter la cause économique. Résultat : le sucre risque de rater son sauvetage programmé. Avec l?affaire Ramjuttun, ce n?est pas si différent.

Ramjuttun n?est pas un travailliste. Sa seule attache avec le Parti travailliste, c?est son pouvoir de nuisance, démontré hier à l?égard du MSM-MMM. Il n?est même pas un agent. Ceux-là représentent le lien entre la circonscription et l?élu, un lien qui sert à retenir la base, à la convaincre, pas à se laisser convaincre par elle. Ramjuttun, c?est une sorte de courtisane politique? Si de ses fidèles collaborateurs, Ramgoolam accepte doute et rébellion, il n?y a pas de raison qu?il espère de la docilité de ceux qui n?ont jamais partagé les mêmes convictions. Mais il doit sévir au moindre débordement.

Le plus paradoxal, c?est que le Premier ministre a de quoi mettre un terme publiquement au discours de ces antagonistes. Non seulement il reste très populaire, mais il a les chiffres pour lui : la situation économique donne raison à la réforme économique. Le pays est en train de s?enrichir. L?industrie s?est remiseen selle. Le textile affiche la grande forme ; sa qualité et son sérieux lui ont valu une contribution positive dans un paysage où tout concordait à le tuer. Les services décollent. Les touristes défilent. La croissance a repris la courbe ascendante des années de prospérité. Si cela n?avait pas été le cas, notre futur aurait été plus douloureux que notre présent. Ce langage-là, toute l?équipe gouvernementale devrait le tenir. La population n?aurait pas interprété ses difficultés du moment comme l?échec de la politique du gouvernement.

Les difficultés sont réelles. Peut-être occupé à stimuler l?économie, le ministre des Finances a négligé le biais inflationniste souvent occasionné. Mais notre drame n?est pas tant le fait d?une mauvaise gestion que celui de tous les pays en voie de développement. La rareté du capital et de la main-d??uvre qualifiée contribue à un faible niveau de revenu par tête. La grosse majorité de la population est au-dessous du salaire médian national, un peu moins de Rs 14 000. Ali Mansoor a certes raison de relativiser en indiquant que la pauvreté n?est pas à un stade alarmant à Maurice. Il reste que le travailleur est pauvre. Parce qu?il n?arrive pas à améliorer son niveau de vie, les caractéristiques de son emploi et ses propres qualifications ne le lui permettant pas. Le pauvre n?est pas celui ne mange pas à sa faim, le pauvre c?est celui qui ne peut pas vivre comme les autres. Les pauvres sont des gens comme tout le monde.

Tous ceux qui travaillent doivent pouvoir en vivre décemment. Le ciblage vers les plus démunis, nécessaire, ne doit pas se faire au détriment de la classe moyenne. La reprise pourrait permettre d?autres actions à son intention. La pauvreté des ménages aurait diminué si les femmes étaient aidées pour la garde et l?encadrement des enfants et pouvaient retourner au travail. Le gouvernement peut poser de nouvelles actions. Mais la population doit surtout admettre qu?elle est la première responsable de l?amélioration de son sort.

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