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Pakistan : vers la reconnaissance de la victoire de Musharraf

22 novembre 2007, 00:00

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La Cour suprême du Pakistan purgée par les soins de Pervez Musharraf a rejeté en début de semaine les actions légales engagées contre le général-président, ouvrant à ce dernier la voie pour un nouveau mandat de cinq ans, cette fois en tant que chef d?Etat civil uniquement. Les élections législatives sont désormais fixées au 8 janvier.

L?opposition conteste la légitimité de la nouvelle Cour au motif qu?un tribunal vidé de magistrats indépendants ne possède aucune crédibilité. Pervez Musharraf a en effet fait remplacer les magistrats les plus gênants après l?instauration de l?état d?urgence le 3 novembre.

L?opposant et ancien champion de cricket Imran Khan, emprisonné à Lahore, dans l?est du pays, a d?ailleurs entamé une grève de la faim pour exiger le rétablissement des juges dans leurs fonctions, selon son ex-femme Jemima Khan, qui vit à Londres avec leurs deux fils.

Les Etats-Unis font pression de tout leur poids de principal allié et fournisseur d?aide du Pakistan pour le rétablissement de la Constitution et la libération des milliers d?opposants arrêtés avant les législatives, mais sans résultat pour l?instant, même après la venue à Islamabad du N°2 du département d?Etat John Negroponte le week-end dernier. Malgré les pressions nationales et internationales, le gouvernement n?a montré aucune velléité de lever l?état d?urgence avant la tenue du scrutin.

L?opposition emmenée par le Parti du peuple pakistanais (PPP) de l?ancienne Première ministre Benazir Bhutto menace de boycotter ces législatives, les opposants politiques étant emprisonnés et la liberté de se rassembler suspendue. Le gouvernement argue du danger d?attentats islamistes pour maintenir le régime d?exception.

La validation de l?éligibilité de Musharraf récemment pourrait ainsi satisfaire l?une des exigences de l?opposition, mais peut-être trop tard. Car le général avait promis de démissionner de son poste de chef des armées quand la Cour suprême aurait validé sa victoire à la présidence et cela pourrait être le cas dans les prochains jours.

<B>Une feuille de route pour la démocratie</B>

Lundi, le président de la plus haute juridiction Abdul Hameed Dogar a rejeté trois recours contre la victoire de Musharraf à l?élection du 6 octobre. Il a expliqué que deux avaient été «retirés» au motif que les avocats de l?opposition n?étaient pas présents au tribunal.

Le troisième a été retiré par un avocat du PPP qui a invoqué l?illégitimité de la cour. «Nous avons demandé que (l?affaire) soit repoussée à plus tard car il n?y a pas de Constitution», a déclaré Benazir Bhutto à la presse à Karachi après un entretien avec l?ambassadeur américain. Elle a ajouté qu?elle ne prévoyait pas de relancer les négociations avec Pervez Musharraf en vue d?un éventuel partage du pouvoir. Celles-ci avaient été interrompues avec l?instauration de l?état d?urgence.«Nous n?emprunterons plus la même voie», a déclaré Bhutto. «Nous voulons une feuille de route pour la démocratie, mais nous ne faisons pas confiance au régime du général Musharraf pour qu?il nous la fournisse.»

La Cour suprême a précisé qu?elle statuerait aujourd?hui sur le cas d?un homme dont la candidature à l?élection présidentielle du 6 octobre a été rejetée par la commission électorale. Après seulement, la commission recevra l?autorisation de déclarer la victoire de Pervez Musharraf.

© Le Nouvel Observateur</B>

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