Publicité
P. Blackburn : l’épargnant le grand perdant de la dévalution
Par
Partager cet article
P. Blackburn : l’épargnant le grand perdant de la dévalution
P hilo Blackburn, le dynamique dirigeant de l’association des contribuables mauriciens (MTPA) est d’avis que la dévaluation de la roupie n’est pas la solution magique à nos maux économiques mais bien le radeau de la dernière chance. Il faut oublier nos querelles et ensemble empêcher que chavire notre radeau de la Méduse. Il annonce la création d’une sœur cadette à la MTPA, à savoir l’association des contribuables municipaux. Forte de sa réaction anti-budgétaire du 12 juin, de la formation du groupe des Trente du 20 juin et de la journée de désobéissance civile du 22 juin, la MTPA n’apprécie guère le refus de la population de modifier son comportement dépensier forcené. La frénésie de consommation de la population et le gaspillage effréné du gouvernement paraissent incontrôlables. Le gouvernement travailliste fait preuve d’immobilisme et d’inefficacité. D’ailleurs la dévaluation, à laquelle s’est résigné Ringadoo, est le résultat de l’incapacité travailliste à redresser toute situation mal engagée. La MTPA s’insurge donc contre ce gouvernement travailliste “ impotent, incapable, gaspilleur et discrédité.”
Les plus à plaindre de la dévaluation de Ringadoo sont, estime-t-elle, les épargnants, les salariés, les contribuables et plus particulièrement les retraités et les personnes âgées. Cette génération de Mauriciens n’oubliera pas de sitôt (est-ce vrai ?) que le gouvernement travailliste, l’opposition MMM et sa surenchère syndicale sont les premiers responsables de cette dévaluation de 30% de notre roupie. Le redressement du pays est un acte de patriotisme. Le gouvernement travailliste doit prouver sa bonne foi en cherchant l’argent qu’il lui faut auprès des secteurs exemptés à ce jour de toutes taxes ou presque pour des raisons électoralistes et clientélistes. Il doit encourager la productivité et surtout cesser d’encourager la paresse. Mieux vaut récompenser l’effort plutôt que de subventionner la fainéantise. La MTPA recommande la détaxation complète de l’épargne, ne serait-ce qu’en période d’austérité.
Le gouvernement travailliste est aux prises avec un PMSD de plus en plus irrité par les mamours rouges avec les mauves du MMM. Les bleus menacent de rompre la coalition gouvernementale après l’annonce d’une rencontre surprise entre le gouvernement et Paul Bérenger. Ils sont excédés par la mollesse du gouvernement travailliste et de Seewoosagur Ramgoolam à l’égard des caprices de Paul Bérenger. Ils ont eu à sortir la grosse artillerie pour empêcher le Premier ministre d’inscrire les amendements de l’IRA, à l’agenda des travaux parlementaires. Ils ont par-dessus la tête du flirt éhonté du leader du Parti Travailliste avec Paul Bérenger. Il serait même question, paraît-il, d’un gouvernement d’unité nationale, avec un seul maroquin ministériel pour la basse-cour bleue. Heureusement pour celle-ci que, depuis peu, le MMM préfère laisser passer l’orage-dévaluation et se montre moins pressé de faire partie d’un gouvernement d’unité nationale. Socialiste mais pas stupide et surtout pas courageux et déjà allergique aux poêlons trop chauds. Ce parti redécouvre soudain les charmes de l’opposition parlementaire.
Cela est d’autant plus vrai que Swalay Kasenally, plus innovateur que jamais, introduit, dans les mœurs parlementaires mauriciennes, la “ peg question”, autrement dit la question anodine, du style “ Monsieur le ministre des Prix quand comptez-vous rencontrer les inspecteurs chargés de leur contrôle ?” pour que l’opposition puisse poser n’importe quelle question au porte-parole gouvernemental ainsi mis sur la sellette. Il ne sait pas encore que sa “ peg question” ne fera que multiplier les bredouillements du style “ I need notice of that question” ou encore les inoubliables “ as far as I know, I don’t know !”
Compréhensif et craignant que le MMM soit à court de questions, le gouvernement particulièrement compréhensif permet à la pochette de ciment de coûter désormais Rs 37.70 au Fort George et Rs 39.70 dans les régions rurales. Les anciens prix sont dix roupies moins chers. Cela représente une hausse de prix de 37%, soit 7% de mieux que la dévaluation. Qu’en pense le ministère de la Protection des Commerçants ?
Publicité
Publicité
Les plus récents