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Où va la MFDC ?

29 octobre 2006, 00:00

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S?il n?y a pas de créatifs dans le secteur de la cinématographie, la MFDC n?a plus sa raison d?être. » C?est le constat que fait d?emblée Stéphane Bellerose, visage familier du paysage audiovisuel mauricien. « C?est le statut même de la MFDC qui est remis en cause avec le départ de Selven Naidu. On a l?impression que nous allons aujourd?hui vers une étatisation de cette institution. Ce qui va laisser peu de place à la créativité personnelle de tous ceux qui s?intéressent à la production cinématographique, » dit-il.

Annick Rivaud, qui a présenté voilà un an, sa première serie d?animation mauricienne, déclare pour sa part que le départ de Selven Naidu va laisser un vide à la MFDC. « C?est un amoureux du cinéma et un homme qui a sa vision du cinéma. Il a injecté du neuf dans ce secteur qui est encore à un stade embryonnaire. Ses petits festivals et ses deux fonds d?aide à la production audiovisuelle ont contribué à développer des talents. En retirant quelqu?un comme lui, on crève la poule dans l??uf. »

Du côté de Wassim Sookia, autre visage familier du paysage cinématographique local, le jeune homme avoue qu?il attend le prochain festival de court-métrage pour se mettre à travailler. « Il est impossible de faire quoi que ce soit uniquement par plaisir. Pour travailler, il me faut une motivation et l?assurance que ce que je vais faire sera montré au moins une fois. Il n?y a qu?à travers un festival que je peux le faire. Que la MFDC encourage la production locale et les talents locaux. »

Stéphane Bellerose, associé avec d?autres de Clap Production, avoue ne pas être forcément inquiet pour les productions privées de sa boîte, puisqu?elle a toujours roulé en dépit du système, mais il insiste : « Ceux qui ont des idées auront du mal à les faire accepter dans une institution politisée. On a l?impression que la MFDC va bientôt décider du contenu des ?uvres mauriciennes ! »

La MFDC, soutient-il, « doit avoir une politique qui va dans le sens de la continuité pour permettre l?éclosion de nouveaux talents et favoriser l?exposition de ceux qui ont déjà une certaine expérience dans le domaine. » Les différents fonds d?aide au développement du film ont permis l?éclosion de nouveaux talents, mais malheureusement, « ces talents n?ont guère été montrés au grand public, faute de réel enthousiasme au niveau de la MBC. »

L?association entre la MFDC, la MBC, la MCA (Mauritius College of the Air) et Mauritius Telecom, semble aussi inquiéter nos aspirants cinéastes : « Il y a une sorte de centralisation des ressources qui semble laisser moins de liberté à la MFDC. Il faut un homme fort à la MFDC pour permettre la bonne marche de cette institution, » insiste Stéphane Bellerose.

De son côté, Deven Maulloo, ancien directeur de la MFDC est d?avis que cette institution a toujours son rôle à jouer dans le développement de notre industrie cinématographique. « Nous sommes un petit pays avec peu de ressources certes, mais avec une réelle envie de créer, d?apprendre et de partager. La MFDC est l?institution par laquelle tout cela doit arriver, » explique-t-il.

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