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Oserez-vous vous aventurer ?
Quelque chose de mystique réside à Chamarel. Qu?on y accède de la côte ou du plateau central, la route est toujours agréable et le dépaysement garanti. Montagnes verdoyantes, terres de couleur, forêts, plantations d?ananas, petits ruisseaux et tables d?hôte, donnent l?impression que la région a été oubliée par le « développement ».
Les activités du Parc Aventure, qui a ouvert en juillet 2003, permettent aux visiteurs de pro-fiter pleinement des vues magnifiques de la forêt tropicale de Chamarel d?une façon originale. Au rendez-vous : grand air et deux parcours qui sont sûrs de faire travailler vos corps.
« Si les gens aiment les sensations, c?est bien. Parc Aventure est unique à Maurice », explique la sympathique Cristina, qui accueille les visiteurs. La première chose à faire avant d?entamer le parcours est de lire le règlement, car il n?est pas question de badiner avec la sécurité. Vous devez toujours rester attaché et vous êtes responsable du maniement de votre harnais de sécurité, vous devez respecter la propreté et la tranquillité du site, les enfants doivent être âgés de six ans minimum, les pique-niques ne sont pas autorisés et l?alcool est interdit.
Après avoir signé un formulaire qui atteste que vous acceptez, un des encadreurs enthousiastes - Shashi, Ravin ou David - vous équipe de votre harnais, qui devra vous tenir compagnie pendant toute la promenade. L?aventure des Indiana Jones du jour, en l?occurrence treize élèves de la DCDM Business School, qui profitent de leurs vacances pour faire une sortie en nature, peut commencer?
David emmène tout ce petit monde au point de départ. Il y explique les techniques d?attache du harnais et les normes de sécurité. Les jeunes n?arrivent pas à cacher leur impatience. La source de cette attente est qu?ils ne savent pas exactement ce qui les attend. Un peu comme ce qu?une personne ressent avant d?embarquer sur une montagne russe.
ÉCLATS DE RIRE
Une fois les explications faites, l?encadreur laisse les visiteurs livrés à eux-mêmes, les rejoignant à des points stratégiques. Des panneaux indiquent le chemin à suivre. Cette approche offre une pleine liberté.
Le premier parcours, appelé Mille Feuilles, consiste à franchir huit passerelles suspendues d?un à 13 mètres au-dessus du sol. Il commence de façon bon enfant avec une passerelle qui se trouve à quelques centimètres du gazon, histoire de se familiariser avec la ligne de vie ? la corde ? et les mousquetons qui vous y rattachent. Pour des raisons de sécurité, seules trois personnes peuvent traverser à la fois. Dès les premiers pas, la passerelle balance et les rires éclatent.
Cette sensation de marcher sur un chemin qui vacille d?un côté à l?autre est source d?amusement pour certains et d?angoisse pour d?autres.
Le balancement et l?utilisation des mousquetons sont rapidement maîtrisés et les aventuriers transitent d?une passerelle à l?autre avec suffisamment d?aisance pour s?en vanter. Après chaque passage, les jeunes détachent leurs mousquetons pour parcourir de courtes distances qui relient les passerelles dans la forêt. Des panneaux indiquent les espèces d?arbres qui s?y trouvent, pour faire de cette expédition un exercice tant pédagogique que physique.
Ni la fine pluie qui s?est mise à tomber, ni le plus long de ces ponts suspendus, qui mesure 43 mètres ne leur fait froid aux yeux. Après avoir terminé le parcours Mille Feuilles, les jeunes intrépides rejoignent David pour un bref repos, avant de commencer les choses sérieuses : le parcours Aventure. « C?était plus ou moins facile », dit Christian avec une pointe de satisfaction. « Jusqu?ici c?est faisable, mais nous ne savons pas ce qui nous attend », note Axelle avec prudence. Elle ne croit pas si bien dire?
En fait, le parcours Mille Feuilles semble trouver sa raison d?être en préparant les visiteurs à Aventure, parcours beaucoup plus technique et physique. Les passerelles cèdent la place à des tyroliennes, des trapèzes, des balançoires, des tunnels et des murs de filets. Le temps de la promenade de santé est résolu. Les jeunes y trouvent leur compte et apprécient, d?un coup, la sécurité que leur offrent leurs harnais.
COURTES FRAYEURS
La nervosité des filles cache une agilité et une souplesse bien plus développées que chez les garçons. Elles franchissent l?étape des trapèzes avec assurance et grâce tandis que les garçons tentent, à tort, d?utiliser la force brute. Le tunnel de filets et les balançoires illustrent encore mieux cette différence.
Malgré quelques courtes frayeurs, la bonne humeur est au rendez-vous et le groupe relève les défis avec hargne. Alors qu?on ne le voit pas souvent, David est toujours placé à un endroit stratégique d?où il peut surveiller ce petit monde. Une casquette qui tombe, par exemple, est vite ramassée par l?encadreur discret et souriant.
L?effort physique calme un peu les ardeurs des 13 jeunes. Ils affrontent chaque nouveau franchissement technique avec plus de sérieux qu?auparavant. Heureusement, il y en a toujours un parmi eux qui s?esclaffe de rire ou qui taquine son camarade en plein effort. Le petit groupe retourne enfin à l?accueil. Ces quelques heures passées dans les cimes de la forêt tropicale de Chamarel les ont rapprochés plus que l?auraient fait deux semaines dans une salle de classe.
Les mordus de sensations fortes ne trouveront probablement pas leur compte au Parc Aventure. Mais, cet endroit permettra à ceux qui souhaitent passer un moment agréable, de respirer de l?air frais tout en se dégourdissant les muscles. Le voyage à Chamarel, le c?ur du pays, vaut à lui-même le détour.
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