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OPERA DE PARIS : La beauté du geste
La danse, c?est l?art de s?envoler. Et quel envol ! Les danseurs du Ballet de l?Opéra de Paris nous ont éblouis, surpris.
Le spectacle proposé, de plus de deux heures, a offert aux yeux les facettes les plus resplendissantes du plus riche répertoire du monde.
Pas de deux classiques ou contemporains, jeux de costumes ou de couleurs. Amourette ou passion. Les dix danseurs, solistes du Ballet, ainsi que deux premières danseuses (presque danseuse étoile), ont joué sur tous les tableaux, au fil de tempos.
De Raymonda de Noureev, une pièce classique, jouée en habits d?or. Deux couples sur la scène, répètent des mouvements miroirs avant d?accueillir le couple héros. C?est si gracieux, si délicat, si aérien et léger, si classique mais tellement charmant. Soudain, on passe à Bakti 3, ?uvre bien plus moderne, chorégraphiée par le maître Maurice Béjart.
Sur la scène, Christophe Duquenne et la première danseuse Isabelle Ciaravola usent de force autant que de sensualité. Sur une musique classique indienne, les danseurs nous font oublier le ballet et offrent leur talent à une composition contemporaine magistrale.
La rencontre des deux univers artistiques (indien et occidental) accroche le spectateur. Peut-être parce que la musique, à Maurice, nous est plus familière. Peut-être parce que les prouesses de la danseuse, équilibres et grands écarts à la mesure d?une cithare, nous ont fascinées. C?est une ?uvre forte et intense, une ?uvre feu, qui n?a pas laissé de glace.
Aux antipodes, sous une lumière blanche, très juste, très pure, les danseurs au travail dans les Etudes de Czerny. Danseurs à la barre, déboulés, sauts, entrechats. Si l?on se laisse volontiers aller, on n?oublie pourtant jamais les années de travail qu?une telle technique demande et l?on apprécie d?autant plus la beauté du spectacle, la beauté du geste qui se décompose sous nos yeux, au ralenti d?un porté.
Samedi soir, le MGI s?est comblé de passionné, adultes sérieux et enfants impatients, et tous se sont laissés emporter par la beauté et la magie d?une technique proche de la perfection.
Un pur moment de grâce et de bonheur. En sortant de la salle, la musique continue dans les têtes.Le rêve va continuer.
S.K.
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