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Ombudsperson, une voix pour défendre les enfants

21 octobre 2003, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

The Ombudsperson for Children Bill. Les enfants mauriciens ont donc une nouvelle porte de sortie pour faire entendre leur voix. Le projet de loi a été voté hier à l?unanimité. Il vient renforcer l?arsenal de mesures existantes pour leur protection.

Selon le Premier ministre, le pays peut être fier d?être à l?avant-garde dans un tel domaine. En effet, très peu de pays possèdent une full-fledged institution pour défendre les droits des enfants. Maurice est le premier pays dans la région qui a créé l?Office of Ombudsperson for Children, a ajouté la ministre des Droits de la femme, Arianne-Navarre Marie.

?J?ai approuvé avec enthousiasme ce projet de loi.? Paul Bérenger n?a en effet pas pas caché sa joie face à la réalisation de ce projet. Fait inhabituel : pendant les débats, il s?est déplacé à deux reprises pour se diriger vers les fonctionnaires, dont les techniciens du ministère des Droits de la femme et des droits des enfants et les conseillers légaux du gouvernement, pour s?enquérir de certains détails.

Les députés des deux côtés de la chambre semblent d?accord sur les questions liées à l?intérêt des enfants même s?il existe des différences d?appréciation sur la manière dont le bureau de l?Ombudsperson doit opérer. ?There is consensus in Parliament about the issue of children?, a souligné le député Siddick Chady.

Les autres intervenants de la majorité, à savoir Danielle Perrier, Samioullah Lauthan, Sunil Dowarkasing, Leela Devi Dookun et Françoise Labelle, ont pour leur part

énuméré les différentes actions gouvernementales depuis octobre 2000 pour protéger les enfants mauriciens. ? Malgré toutes les structures déjà mises en place, il y a encore certaines faiblesses dans le mécanisme?, a reconnu Danielle Perrier.

Le député Dowarkasing, qui a été félicité par le Premier ministre pour ses observations pertinentes et ses suggestions, a insisté sur l?indépendance, l?impartialité et la confidentialité de l?Ombudsperson. Il a souhaité que ce bureau soit accessible au grand public, surtout aux enfants se trouvant dans les régions dites défavorisées.

Arianne Navarre-Marie a donné l?assurance que toutes les suggestions, surtout celles du député Dowarkasing, seront considérées pour la concrétisation du projet. ?Le bureau d?Ombudsperson for children sera beaucoup plus indépendant que ce qui existe ailleurs?, a promis le Premier ministre. Ce dernier a aussi indiqué que le gouvernement ne tardera pas avec la nomination de ce premier Ombudsperson. Dans les milieux du ministère des Droits de la femme, le nom de Shirin Aumeeruddy-Cziffra est cité avec persistance pour ce poste. C?est un dossier que cette dernière connaît bien.

Contribution remarquable de l?Unicef

Lors de son intervention, le Premier ministre n?a pas manqué de saluer la contribution de Shirin Aumeeruddy-Cziffra ainsi que celle de Me Premila Patten dans la préparation de ce projet de loi. Ces dernières, a-t-il dit, sont allées en Norvège, premier pays au monde à créer un bureau d?Ombudsman pour enfants, pour voir comment le système fonctionne. Le Premier ministre et le ministre de la Femme n?ont pas manqué de saluer la contribution remarquable de l?Unicef dans la création de ce bureau pour enfants.

En présentant ce projet de loi, la ministre de la Femme, Arianne Navarre-Marie, a insisté sur la nécessité de consulter les enfants pour protéger leurs intérêts et leurs droits.

Un des volets importants de l?Office de l?Ombudsperson for Children demeure les enquêtes. Le bureau peut soit initier une enquête à partir d?une plainte ou peut, de sa propre initiative, démarrer une enquête en cas de violation des droits des enfants. Les circonstances entourant l?abandon d?un enfant peuvent aussi faire l?objet d?une enquête. L?Office de l?Ombudsperson for Children aura le pouvoir de demander des explications dans un lieu public, dans une école ou dans tout autre endroit afin de voir si un enfant a été maltraité ou exploité.

L?organisme aura un rôle de médiateur pour chaque enquête initiée. Il aura à faire un rapport et à soumettre des propositions au ministre de la Femme. Selon la ministre, l?Ombudsperson for Children agira en tant que conseiller dans la loi ou dans la politique des organismes travaillant pour les enfants. Pour Arianne Navarre-Marie, cette institution va opérer de manière indépendante. Elle a souligné que cette création n?est pas une fin en soi. ?Ce n?est qu?une des nombreuses mesures qui seront prises par le gouvernement pour les enfants.?

L?opposition, par la voix de Madun Dulloo, estime qu?il est important de mener une campagne de sensibilisation sur la question. Le député de l?opposition est d?avis qu?il est aussi important d?avoir un code d?éthique pour les médias afin que l?enfant ne soit pas exploité tant dans les publicités ou à d?autres fins. Le député a insisté que ce sujet ?should be above party politics?.

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