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Obligation fait loi

13 octobre 2004, 20:00

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Fini le temps où les femmes se contentaient de rester devant la télé. Avec la dure réalité du chômage et le coût de la vie qui augmente, elles souhaitent utiliser judicieusement leur temps pour apprendre un métier qui pourrait leur permettre d?arrondir le budget familial. C?est le cas de le dire pour ces femmes qui font partie de l?Association féminine de Beau-Jardin (AFBJ) qui regroupe environ une trentaine de membres.

Outre les cours de couture, ces dames veulent apprendre, de manière très professionnelle, d?autres métiers pour se regrouper autour de projets capables de leur fournir des moyens d?existence. A titre d?exemple, elles citent l?art culinaire, la pâtisserie, l?artisanat, la vannerie et l?esthétique.

Ameena Wahed, qui est la présidente de l?ADBJ, depuis dix ans n?est pas contente. Elle estime que le ministère de la Femme et du développement de l?enfant, aurait dû les faire bénéficier du soutien des professionnels de ces différents secteurs pour des sessions de formation.

?Si nou pas ti gagn sa couturière-là comme volontaire, nou ti pou encor dan diffikilte . Akoz sa ki pe diman minis azir pou pa retard progres nou ban mam?, explique Ameena.

Giantee Seegoolam, mère de famille, a travaillé pendant plus d?une dizaine d?années dans une usine de textile. Depuis qu?elle est au chômage, elle fréquente régulièrement le centre social de Beau-Jardin. Comme les autres membres de l?association, elle a profité de l?expérience d?une volontaire de Rivière-des-Anguilles, qui se déplace deux fois par semaine pour donner des cours de couture. Avec de la persévérance, la plupart des membres ont fini par savoir, en l?espace de deux mois, comment maîtriser les techniques de base de la couture.

Soucieuses de l?avenir de leurs enfants, ces mères de famille veulent aller plus loin dans leur démarche. ?Pendant que je travaillais il était normal que je ne trouve pas le temps pour apprendre. Et comme je suis aujourd?hui au chômage, il est urgent pour moi de trouver des activités qui rapportent un peu d?argent pour soutenir ma famille?, témoigne Vidiantee .

Nazirah Peerally, secrétaire de la AFBJ , traverse des moments difficiles. Elle aimerait suivre des cours dans un domaine qui pourrait éventuellement la sortir de la crise financière. ?Li bon nou finn kon coude linze mais nou bizin capav apran fer lezot kitsose dans centre?, dit-elle. Elle calcule la somme dont elle aura besoin pour faire le trajet en autobus, de Beau-Jardin à Mare d?Albert où est situé le centre des femmes et où bon nombre d?habitantes de la région se réunissent pour des cours de formation.

Faute d?encadrement, Ameena craint que les membres de son association perdent, au fil du temps, leur enthousiasme. ?Ce serait vraiment regrettable si les autorités ne prennent pas la balle au bond pour donner une orientation professionnelle à ces dames qui ont des projets intéressants?, souligne la présidente.

Et les loisirs

La semaine dernière, les membres de cette association qui sse sont réunies, n?y sont pas allées de main morte, pour dénoncer l?absence de loisirs qui pénalisent grandement les enfants du village de Beau-Jardin . ?Ban deputes vin fer promes, zist pendan elektion zeneral. Apres zot lafimé pas trouvé. En attendant nou zenfans pe galoup a droit à gos dan vilaz?, déclare Kamla Mandhub.

Etre privées d?eau à certaines heures de pointe dans la localité n?arrange certainement pas les choses pour ces mères de famille. Cette situation n?a que trop duré, disent-elles. Pour y remédier elles demandent aux instances concernées de se concerter pour qu?elles puissent puiser de l?eau d?une source dans la localité. Elle les approvisionnait autrefois en période de sécheresse. ?Si ena volonte, ena beaucoup kitsos qui nou capav fer avancer?, explique Shirally, mère de deux enfants.

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