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Négligences alléguées : réintégration des trois médecins

23 septembre 2006, 00:00

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Revirement de situation. Trois médecins avaient été poussés à la démission dans le cadre de deux affaires de négligences allégués mardi. Après rencontre avec les médecins et le syndicat, le ministre par intérim de la Santé, Etienne Sinatambou et le ministre, Rama Valayden, annoncent que les démissionnaires vont reprendre leur lettre de démission. Mais en attendant la fin de l?enquête par deux comités indépendants, ils ne seront pas en fonction.

Le Dr Khalid Jaufeerally a été contraint à la démission après la mort de Nazima Goburdhun à la suite d?une hémorragie après avoir accouché d?une fille. Ses deux autres collègues généralistes, le Dr Annupa Ramjuttun et le Dr Kushroo Aubeeluck, ont, eux, pris la porte suivant le décès d?Annecy Clency, âgée de huit mois et morte de gastro-entérite. Les parents de celle-ci ont d?ailleurs consigné une déposition à la police.

Interrogé sur ce revirement de situation, Etienne Sinatambou explique qu?il s?agissait surtout de « rétablir la justice pour ces trois médecins en respectant leurs droits. Un moyen de leur offrir un fair treatment. Il n?est pas acceptable qu?avant la fin de l?enquête, ils soient déjà coupables. Comme la perception était jusqu?ici que démission équivaut à une culpabilité, nous avons trouvé une formule qui soit acceptable pour tous. Ils sont innocents jusqu?à preuve du contraire. Justice sera faite aussi aux familles qui ont perdu leurs proches, avec l?institution de deux enquêtes indépendantes».

Le ministre ne récuse pas le terme de démission forcée au début de sa conférence, mais explique la situation qui a prévalu en ce début de semaine. «Comme ils étaient des médecins temporaire employés sur un contrat mensuel, l?administration ne pouvait pas les interdire ou adopter le même processus que pour tout autre fonctionnaire. Il y avait seulement trois choix : mettre un terme à leur contrat, la démission ou les laisser travailler normalement. La démission qui a été faite un peu trop forcefully était la moins préjudiciable pour eux.» D?autant, insiste-t-il, que si un terme avait été mis à leur contrat, cela aurait été dommageable pour eux pour la suite de leur carrière.

Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, est, lui, en mission au Mozambique. Il avait jusqu?ici nié que des pressions avaient été exercées sur les médecins. Il avait affirmé que ces derniers avaient été placés devant les faits et n?avaient d?autre alternative que de démissionner.

<B>Temps de réflexion refusé</B>

C?est à la suite des délibérations du Conseil des ministres qu?une décision a été prise de discuter avec les parties concernées pour trouver une solution. Le comité, qui sera indépendant, n?a pas encore été constitué, mais le sera d?ici mardi.

Une des médecins, Annupa Ramjuttun, qui avait ausculté l?enfant lors de sa première visite à l?hôpital, avait soutenu qu?elle avait démissionné sous la pression. Elle a référé son cas à la Commission des droits de l?homme. Elle dit aussi avoir demandé un temps de réflexion, qui lui a été refusé.

Lors d?un point de presse, le ministre Rama Valayden, explique qu?« à tête reposée, ils ont trouvé une formule. Au moment où il est question de brain drain, il ne faut pas décourager les jeunes médecins. Il ne s?agit pas seulement de trouver des bouc émissaires ».

Hier matin, les syndicats étaient montés au créneau, estimant que les procédures menant à la démission des trois médecins n?avaient pas été respectées. Le président de l?Association des médecins, Ashock Rughoobur, avait souhaité leur réintégration et avait accordé au ministère un délai pour ce faire.

A l?issue de la rencontre d?hier, il affiche sa «grande satisfaction qu?un dialogue ait pu être entamé avec les autorités. Les médecins n?avaient pas eu un fair trial et nous pensons que nous avons réussi à trouver un consensus plus juste aujourd?hui».

Il était reproché à un des médecins de n?avoir pas suivi le patient après l?avoir mis en observation, après une injection. Le médecin avait alors affirmé que c?est une pratique courante de référer le dossier à un autre médecin en cas d?indisponibilité. Dans un further statement au ministère, le médecin voulait apporter la preuve qu?elle avait ausculté d?autres patients, après avoir examiné Annecy Clency.

Après une deuxième et troisième visite d?un patient, un autre médecin avait été réprimandé pour ne pas l?avoir pas hospitalisé. Dans le cas de Nazima Goburdhun, il s?agissait d?un «mismanagement», selon le ministère de la Santé, qui s?est basé sur les premiers éléments de l?enquête.

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