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Nouvelles saisies de fermes mauriciennes au Zimbabwe

2 novembre 2004, 20:00

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Un appel au secours demandant l?intervention des autorités mauriciennes. Des fermiers mauriciens vivant au Zimbabwe sont excédés. De nouvelles saisies ont eu lieu sur leurs fermes, vendredi dernier.

Jano Labat, François Harel, Monique, Alain et Boris Fayd?herbe, Bob Brown, Eric Le Vieux, Benoît Lagesse? Le scénario est plus au moins le même, à l?exemple de Benoît Lagesse qui a perdu les 80 hectares qui lui restaient au Zimbabwe. Vendredi dernier, sa propriété de Chiredzi a été occupée par un groupe de settlers proches du gouvernement de Robert Mugabe. ?Nous ne pouvons désormais plus nous considérer comme des fermiers?, déplore Benoît Lagesse.

Eric Le Vieux, installé lui aussi à Chiredzi et Michel Fayd?herbe, de Chipinge ont eu pour leur part 48 heures pour évacuer leurs fermes.

C?est ainsi que Benoît Lagesse et ses amis demandent au gouvernement mauricien d?intercéder en leur faveur auprès du gouvernement du Zimbabwe. Lundi dernier, ils ont adressé une lettre à Vijay Makhan, secrétaire mauricien aux Affaires extérieures.

Pillages et terreurs

Ils craignent que la visite à Maurice, mercredi dernier (deux jours avant les nouvelles saisies), de Morgan Tsvangirai, le leader de l?opposition du Zimbabwe, n?ait déclenché des représailles?

Au nom de la redistribution des terres, le gouvernement de Robert Mugabe a livré, depuis 2000, quelque 4 500 grandes propriétés agricoles dirigées, à 95 % par des Zimbabwéens blancs, aux membres du Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (ZANU-PF), le parti au pouvoir. Parmi les fermiers blancs, un nombre important de Mauriciens ont émigré au milieu des années 60. De nombreux fermiers ont fui leur pays, certains vers le Mozambique, d?autres, d?origine mauricienne, ont regagné l?île.

C?est le cas de Gérard, un fermier mauricien qui a choisi, il y a six mois, de tout abandonner. ?Au Zimbabwe, il n?y a aujourd?hui plus rien de légal ni d?illégal?, explique Gérard. Ce dernier utilise d?ailleurs un prête-nom, craignant des représailles pour sa famille, restée au Zimbabwe. Les occupations de fermes donnent en effet lieu à des pillages et des scènes de terreur.

Gérard est installé à Chipinge, où il exploitait le café, le tabac, le maïs et faisait aussi de l?élevage. Mais, depuis 2000, le Zimbabwe n?est plus le pays qu?il a connu, dit-il. Sa ferme a été envahie et grignotée petit à petit. ?Famine, insécurité, terreur, le Zimbabwe échappe aujourd?hui à toute logique?, témoigne Gérard.

Son fils Jean-Gérard (également un prénom d?emprunt) a été inquiété comme ses autres compatriotes d?origine mauricienne en fin de semaine dernière. Appréhendé par la police zimbabwéenne, il a passé une nuit en prison. Motif : la vente illégale de certains équipements de sa ferme?

Des accords avaient pourtant été conclus, notamment au niveau bilatéral (entre gouvernements zimbabwéen et mauricien) permettant à certains fermiers de continuer leur exploitation.

Dans les régions de Chiredzi et Chipinge, une dizaine de familles mauriciennes est concernée, répartie en 25 fermes, ranches, et propriétés qui s?étendent sur 29 300 hectares. Les fermes font en moyenne 150 à 300 hectares Mais les ranches s?étendent sur plusieurs milliers d?hectares.

Et aujourd?hui, les familles qui exploitent ces terres se retrouvent avec à peine quelques dizaines d?hectares, le reste étant occupé par les proches du pouvoir zimbabwéen. Surtout depuis 2003. Plantations, maisons, et matériel ont été pillés. La dernière vague d?occupation, la semaine dernière, prive désormais la plupart de ces familles du peu qui leur restait.

Benoît Lagesse fait partie de ceux qui pensent que cette opération découle de la visite, mercredi dernier, de Morgan Tsvangirai, le chef de l?oppostion zimbabwéenne, à Maurice. Muselé dans son pays, le leader de l?opposition zimbabwéen milite auprès des pays membres de la Southern Africa Development Community (SADC), pour que des élections libres aient lieu en mars 2005, au Zimbabwe. Il a été reçu par le Premier ministre mauricien Paul Bérenger. Une initiative qui n?aurait visiblement pas plu à Robert Mugabe et qui l?aurait poussé à se défouler sur les fermiers, véritables boucs émissaires dans un sinistre jeu de pouvoir.

INJURES RACISTES

Un an de prison pour avoir frappé un ministre

■ Roy Bennett, un député dont la ferme a été investie par les membres du Zimbabwe African National Union-Patriotic Front a frappé Patrick Chinamasa, ministre de la Justice en pleine séance parlementaire. Le député s?est senti agressé par le ministre qui a proféré des injures racistes à son encontre. Il a écopé d?une année de travaux forcés alors que la peine prévue pour ce type de délit est d?un mois d?emprisonnement ou une simple amende.

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