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Nouvelle offensive anti-pirates

26 février 2006, 00:00

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«Vous n?avez vu que le sommet de l?iceberg. Nous allons mener une lutte sans merci contre le piratage ! »

Ces deux phrases reviennent comme un leitmotiv dans la bouche d?un officiel de la Metropolitan Division de l?Adsu.

Depuis que l?unité dirigée par l?inspecteur Hector Tuyau a pris les rênes de la lutte anti-piratage, les opérations coup de poing se succèdent et les saisies avoisinent une dizaine de millions de roupies. Au grand plaisir des autorités qui voient là un signal fort aux pays qui nous taxaient d?havre de paix pour les pirates de CD, VCD et DVD.

« Nous avons la réputation, à l?étranger, d?être un paradis pour le piratage. Cela doit cesser, sinon cela découragera les investisseurs étrangers », affirme Gérard Louise, directeur de la Mauritius Society of Authors (Masa). Après avoir prêché dans le désert pendant des années, cette association accorde aujourd?hui tout son soutien à l?Adsu et souhaite que la justice suive son cours.

À l?Adsu, on ne baisse pas les bras et on annonce d?autres saisies record.

« La moisson sera encore plus intéressante dans les prochains jours. » L?équipe de l?inspecteur Tuyau élabore actuellement avec la Masa un plan d?action pour démanteler les principaux réseaux de piratage.

Ce marché pèse Rs 1 milliard selon des spécialistes. « Vous pouvez vous procurer des VCD ou des DVD des derniers films en hindoustani ou occidentaux presque au moment même de leur sortie en salles à Bombay ou dans les capitales européennes. Et ceux qui sont derrière ce réseau ne versent pas un sou de droits d?auteur », explique un membre de l?Adsu.

<B>Le gouvernement semble traîner des pieds</B>

Les raids vont se succéder dans les lieux suspectés de servir d?« usines » de reproduction de VCD et de CD. « Selon plusieurs sources, il existe quatre ou cinq autres ?usines? de reproduction dans l?île. Nous allons agir dans les prochains jours », laisse-t-on entendre du côté policier.

Prochaine étape : initier des procès contre ceux qui ont été arrêtés lors de ces raids. Et les artistes mettent la pression sur les autorités : les peines prévues parla loi doivent être plus sévères et les contrevenants condamnés, estiment-ils. Plusieurs voix se sont également levées pour réclamer que les graveurs industriels de VCD et de DVD de même que les CD vierges soient lourdement taxés. « Non seulement cette mesure dissuadera les acheteurs, mais l?argent recueilli pourra constituer un fonds d?aide de l?État aux artistes locaux », précise un chanteur.

Partenaire important dans cette bataille contre le piratage, le gouvernement semble aujourd?hui traîner des pieds. Clientélisme électoral oblige. Il faut savoir que les gérants de vidéoclubs constituent un important lobby courtisé politiquement. D?où l?impression d?impunité qui anime plusieurs vendeurs de VCD et de CD piratés.

Ainsi, une visite chez deux des vidéoclubs ayant fait l?objet de récentes descentes policières est plus qu?instructive : l?on trouve toujours en vente des VCD de films en hindoustani piratés. « Ki u le nu fer ? Nu ferme ek met dimunn deor ? », nous déclare ainsi un des deux gérants rencontrés. Tous se disent certains que, comme pour la saga Ralph Lauren, ils bénéficieront d?un moratoire de deux ans. Moratoire accordé par le gouvernement. Même si ce dernier serait dans l?illégalité, car ne détenant aucun droit sur ces films.

« N?importe qui ayant un power of attorney d?un major de Hollywood, par exemple, pourra poursuivre en justice tout contrevenant à la loi. Et le gouvernement pourra aussi être poursuivi pour tout moratoire qu?il accordera », souligne un avocat ayant travaillé sur le dossier Ralph Lauren.

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