Publicité

Nouvelle mesure contre l?inflation

9 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le gouverneur de la Bank of Mauritius (BoM) a bien gardé une dent contre l?inflation. Le voilà qui empoigne à nouveau le dossier cette fois-ci d?une autre main. Hier, profitant de la cérémonie de changement de nom de la First City Bank, il relève le Cash Reserve Ratio (CRR) de 200 points, le faisant passer de 4 % à 6 %.

Le CRR n?est que le pourcentage de liquidités (provenant des dépôts effectués par les clients) que les banques commerciales ont l?obligation légale de ne pas remettre dans le circuit monétaire. Elles ont le devoir de conserver cette somme dans leur chambre forte (bank vault), plutôt que de la prêter.

Jusqu?à maintenant, sur 100 roupies obtenues des clients, chaque banque commerciale avait l?obligation légale d?en garder quatre en réserve. Suite à la décision du gouverneur de la BoM, la réserve légale passera donc à six roupies, sur chaque centaine de roupies obtenues.

En augmentant le CRR de 2 %, Rundheersing Bheenick atteint son objectif : celui de réduire la masse monétaire en circulation et par conséquent, de juguler l?inflation. Si les Cash Reserve Ratio et Repo Rate (taux d?intérêt directeur de la BoM) sont deux instruments distincts, ils permettent cependant d?atteindre le même but. En effet, tout comme le Repo Rate, le CRR est un instrument de politique monétaire qui exerce une influence sur l?économie, le volume des emprunts et le taux d?intérêt pratiqué par les banques.

<B>Augmenter les taux d?interet </B>

En voyant leur capacité à accorder des prêts réduite, les banques sont obligées, sous la pression de la loi de l?offre et de la demande, d?augmenter leurs taux d?intérêt sur les emprunts (lending rate). Cela aura pour conséquence, la réduction du volume de crédits demandé par les ménages et les entreprises, la diminution de la consommation et une baisse sensible du niveau général des prix.

Au lendemain des augmentations salariales excessives du budget 2008-2009, craignant une poussée inflationniste intense, Rundheersing Bheenick avait souhaité une hausse conséquente du Repo Rate. Deux fois mis en minorité (de façon consécutive) au sein du Monetary Policy Committee, le gouverneur de la BoM a dû se contenter d?une hausse modérée du taux d?intérêt directeur (0,25 %).

Mais s?il a fait contre mauvaise fortune, bon c?ur, Rundheersing Beenick ruminait toujours sa revanche contre l?inflation. Les derniers chiffres du Central Statistics Office publiés en début de semaine lui donnent raison. L?inflation s?achemine de façon inexorable vers la barre fatidique des 10 %, car elle est passée, en l?espace d?un mois, de 8,8 % à 9,1 %. En outre, le Fonds monétaire international, dans son rapport de la mi-juillet sur Maurice, avertissait les autorités contre les dangers d?une nouvelle poussée inflationniste imminente.

Rundheersing Bheenick n?a pas le triomphe modeste. «Focalisons le débat sur l?évidence, les options de combattre l?inflation, et les signaux à émettre. Oubliez le moyen utilisé. Ecoutez jusqu?au bout le message. Eh oui, ne tirez pas sur le messager».

L?économiste Eric Ng Ping Cheun estime que «le CRR est un instrument, qui peut servir autant que le Repo Rate, dans la lutte contre l?inflation».

Publicité