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?Nous allons soutenir la transition économique de Maurice?

9 janvier 2007, 20:00

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Quelles sont les raisons du retour de l?AFD dans le financement des projets à Maurice ?

Il y a plusieurs raisons. D?abord, une raison politique. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait, lors de sa visite officielle en France en mars de l?année dernière, demandé au président Jacques Chirac que la France accompagne Maurice dans son plan de transition économique pour s?adapter aux changements qui sont survenus au niveau de la politique sucrière de l?Union européenne (UE). Il y eu aussi le démantèlement de l?Accord multifibre, qui a entraîné une concurrence accrue des exportations de produits textiles mauriciens face aux exportations de produits textiles d?origine asiatique. Par rapport à tout ça, il y a un besoin de Maurice de s?adapter et d?ouvrir son économie et de la diversifier. Des mesures à cet effet ont été exposées par le ministre mauricien des Finances dans son budget l?année dernière et son plan de transition économique. Les autorités mauriciennes ont demandé aux autorités françaises de les soutenir à côté d?autres bailleurs de fonds, la Banque mondiale (BM), l?UE et la Banque africaine de développement. Comme l?AFD est maintenant le pivot de la politique française de coopération, il était normal que l?AFD réponde à cette sollicitation des autorités françaises.

Pourquoi l?AFD, anciennement la Caisse centrale de coopération économique, est-elle partie ?

Elle est partie car à l?époque Maurice avait atteint un niveau de développement qui faisait que le pays n?était plus éligible à l?aide de cette institution. Si on revient, ce n?est pas parce que Maurice va mal. Nous voulons aider Maurice à passer ce cap de transition économique un peu difficile. Aussi, les instruments de l?AFD sont beaucoup plus ouverts et beaucoup plus souples. Nous avons une aide qui est beaucoup plus multiforme. L?AFD a élargi considérablement ses palettes et zones d?intervention alors qu?auparavant il y avait des contraintes, dont la classification de Maurice comme pays à revenus intermédiaires (PRI). La meilleure illustration de cette nouvelle politique, c?est que l?AFD intervient maintenant dans des pays émergents, comme la Chine, le Brésil et la Thaïlande, alors qu?autrefois elle intervenait généralement dans les pays les moins avancés (PMA), en Afrique essentiellement et aussi ailleurs.

D?un côté Maurice rencontre des problèmes d?adaptation à son économie et de l?autre, l?AFD a évolué. Il y a un heureux mariage entre les deux, qui fait que nous pouvons revenir pour y faire des choses.

Quels seront les projets que vous allez financer ?

Nous allons accorder des prêts concessionnaires, à des taux nettement inférieurs à ceux sur le marché international, et aussi essentiellement tournés vers la modernisation des infrastructures. Notre première intervention sera l?appui budgétaire. En même temps il y a la BM qui compte accorder 30 millions de dollars, environ Rs 1 milliard, à l?appui budgétaire. L?AFD va accorder une aide d?un même montant, soit 24 millions d?euros, une aide conditionnée par la mise en place de mesures de modernisation de l?économie dans le cadre de ce qui a été exposé dans le budget de l?année dernière.

Cette aide n?est qu?un début ?

Oui. Outre les infrastructures, comme le transport, l?aide ira aussi à la formation professionnelle. L?idée maîtresse, c?est d?accompagner Maurice dans la diversification et de son ouverture économique et l?adaptation de son économie. Car avec la globalisation, les préférences commerciales que Maurice avait auprès de l?UE sont en train de voler en éclats. La formation professionnelle permettra à des gens de s?adapter et d?entrer dans les nouvelles activités, les technologies de l?information et le secteur de traitement de produits de mer (seafood), soit dans des domaines dans lesquels Maurice essaie de se positionner afin de trouver un avantage comparatif par rapport à ses concurrents. Ses concurrents sont aujourd?hui la Chine, l?Inde et l?Afrique du Sud. Nous voulons accompagner Maurice qui a eu un succès économique.

?D?un côté Maurice rencontre des problèmes d?adaptation à son économie et de l?autre, l?AFD a évolué. Il y a un heureux mariage entre les deux, qui fait que nous pouvons revenir pour y faire des choses.?

Quand peut-on s?attendre que les 24 millions d?euros (Rs 1 milliard) soient déboursés ?

Ce sera fait assez vite. Nous sommes en discussions avec le ministère des Finances à Maurice. Nous allons nous mettre d?accord avec nos partenaires de la BM. Si tout se passe bien, on espère que le déboursement sera fait avant la fin de la présente année financière.

Quel est votre sentiment de la réforme économique engagée par Maurice ?

Ce sont des mesures extrêmement courageuses. Maurice, en raison de son état insulaire, est vulnérable à des chocs économiques et elle n?a pas de richesses naturelles. Pour ces raisons le pays est fragile. Le pays est aussi fragile de par son isolement insulaire. En raison de cette fragilité, les chocs économiques subis, comme la fin de l?Accord multifibre, ont encore de plus lourdes conséquences et sont porteurs de dangers. La richesse du pays, c?est surtout ses ressources humaines, sa population, ses hommes et ses femmes.

Nous voulons aider Maurice à faire face à ces chocs. Maurice a amorcé la libéralisation de son économie tout en s?assurant qu?il n?y ait pas des laissés-pour-compte. Dans d?autres pays, comme dans des pays d?Europe de l?Est, la libéralisation de l?économie a été trop brutale et a provoqué des catastrophes sociales. Les mesures du budget pour le développement des petites et moyennes entreprises vont certainement dans le bon sens.

Y aura-t-il un guichet spécial pour l??Aid for Trade? ?

Un peu indirectement. Il y a un guichet que L?AFD gère avec le ministère des Finances qu?on appelle le Fonds pour le renforcement des capacités commerciales. Maurice y est éligible. Il s?agit d?actions spécifiques pour aider des pays à améliorer leurs capacités d?exportation et aider des branches industrielles à devenir plus compétitives au niveau mondial. L?appui au budget va un peu indirectement dans ce sens et permetrait aux pays d?être plus aptes à faire face à la concurrence internationale.

Un guichet pour le secteur privé aussi ?

Oui, à travers Proparco qui est la filiale de l?AFD dédiée au financement du secteur privé dans les pays émergents et en développement. Proparco participe au financement du deuxième village du Club Med à Albion.

L?accent sera mis sur les aspects du développement durable et de la préservation de l?environnement. Nous serons très attentifs à l?appui au secteur privé, surtout le secteur touristique, mais pas uniquement.

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