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Nos cousins d?Amérique
L?association Friends of Mauritius, basée à Washington DC, ne voudrait pas se contenter d?être un club de rencontre du 12 mars. Tels sont les propos de Gérard Balancy, un citoyen américain d?origine mauricienne. Responsable de projets chez Hazen and Sawyer Environmental Engineers and Scientists, il avait transmis, il y a quelques semaines, la présidence de l?association Friends of Mauritius à Peter Craig. Les deux hommes avaient beaucoup de projets, dont celui de lancer un répertoire de tous les Mauriciens qui travaillent à Washington DC et ainsi faciliter les échanges autres que commerciaux entre les deux pays. ?Nous voulons créer une meilleure interaction d?abord entre nous pour ensuite arriver à une meilleure synergie.?
En ce vendredi 11 novembre, jour férié aux Etats-Unis, d?anciens combattants marchent par centaines vers le nouveau World War II Memorial. Plus loin, au Big Wong, l?un des bruyants restaurants du quartier chinois de Washington DC, un joli concours de circonstances réunit autour d?une petite table deux citoyens américains d?origine mauricienne. Les deux habitent et travaillent dans les environs de la capitale depuis plus de trois décennies. Mais, pris dans leur tourbillon quotidien, Gérard Balancy, haut cadre du secteur privé américain et Nadarajen Vydelingum, sommité dans le monde de la recherche médicale, ne s?étaient jamais croisés jusqu?ici.
Gérard Balancy a débarqué aux Etats-Unis à l?âge de 19 ans, peu après l?Indépendance de Maurice. Sir Seewoosagur Ramgoolam avait nommé son père, feu Guy Balancy, ambassadeur à Washington DC. Après trente-six ans et un mariage, Gérard Balancy a aujourd?hui derrière lui une riche carrière au sein du secteur privé a Washington DC. Malgré la distance, il reste connecté au pays natal : grâce à Internet il lit et écoute quotidiennement la presse mauricienne. Mais les ?nouvelles-péi? ne sont pas toujours bonnes, des fois même incompréhensibles. Celle concernant le renvoi du Trade Commissioner Peter Craig aura été un ?vrai choc? pour la petite communauté mauricienne de Washington qui compte environ 150 familles.
Autre exemple concret d?un Mauricien qui gagnerait à être connu de nos autorités médicales, surtout en cette période ?d?état d?urgence? : Nadarajen Vydelingum, une référence dans la recherche contre la progression du diabète dans le monde ! Après de brillantes études en biochimie à Londres ? où sa famille a immigré en 1957 alors qu?il n?avait que 12 ans ? il a reçu une offre du Wisconsin Medical College pour faire des recherches sur le diabète. Parallèlement à ses travaux, il enseigne dans des universités privées et publiques, notamment dans le New Jersey. Et en 1991, il est recruté par le prestigieux National Institute of Health des Etats-Unis, organisme responsable de l?ensemble de la recherche médicale sur tout le territoire américain. Aujourd?hui, Nadarajen Vydelingum est le Deputy Director du National Cancer Institute et dirige une équipe de chercheurs.
Et dire que ce scientifique a plus d?une fois contacté l?ambassade mauricienne et a soumis quelques-uns de ses travaux sur le diabète. ?Mais personne de Maurice n?a manifesté un quelconque intérêt?, lâche-t-il avec un sourire désabusé. ?Comme Nadarajen, il y a d?autres Mauriciens qui sont haut placés et qui peuvent aider le pays. C?est un geste gratuit, purement patriotique?, explique Gérard Balancy.
Mais pour cela, il faut que Port-Louis aussi joue le jeu. Sans ambassadeur depuis cinq mois déjà, l?ambassade à Washington fonctionne aujourd?hui avec deux fonctionnaires mauriciens seulement qui, tant bien que mal, tentent d?expédier les affaires courantes. Et ce, alors que les autres pays renforcent leur présence dans la capitale américaine et arborent fièrement leur drapeau sur la prestigieuse Massachusetts Avenue, le quadricolore mauricien, lui, est quasiment absent. Maurice reste à l?écart du carrefour diplomatique, étant casée au quatrième étage d?un bâtiment commercial.
Et voilà, contre toute attente, le pays signe la feuille de route de Peter Craig, qui, fort de ses quinze ans de contacts personnels, maintenait une présence politique auprès d?influents décisionnaires américains?
Pourtant les défis économiques s?amoncellent à l?horizon. Friends of Mauritius, loin des inepties politiciennes de Port-Louis, a demandé à Peter Craig de demeurer à son poste de président de l?association mauricienne. Peter Craig a accepté ! Même de Maurice, il continuera à oeuvrer pour ses amis de Washington. Une manière, peut-être moins importante de servir son pays, mais certainement plus gratifiante !
<B>Nad SIVARAMEN</B> <I>(De Washington)</I>
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