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Niet ! à Moscou et merci Beijing, merci Séoul
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Niet ! à Moscou et merci Beijing, merci Séoul
Port-Louis prend enfin et à temps les dispositions légales pour dénoncer un accord de pêche soviéto-mauricien, ayant rapporté, sans doute, beaucoup de roubles à l’économie russe et quelques roupies à celle de Maurice. Quelques roublards bien placés, s’arrangeaient pour que l’accord ne soit pas dénoncé dans les délais impartis et il était renouvelé automatiquement pour une nouvelle durée, autorisant de nouveau le pillage de nos bancs de pêche par de nombreux bateaux arborant marteau et faucille sur fond de rouge vif. Tout a une fin. Cette fois-ci, les neuf mois réglementaires sont respectés. Il y a faire-part en bonne et due forme. Le 30 avril 1980 pourra accoucher d’une expiration incontestable de cet accord, permettant à une grande puissance impérialiste de spolier les ressources naturelles d’une jeune nation.
Les tentatives n’ont pourtant pas manqué pour repêcher ce qui pouvait l’être. Elles ont avorté. L’accord avait été signé le 17 avril 1979, quelques mois après que Gaëtan Duval et le PMSD eurent été boutés hors de l’Hôtel du Gouvernement, sous prétexte qu’ils voulaient donner à la France la place convoitée par les Russes. Moscou promettait alors un don de 60 tonnes de poisson, une aide technique, la formation de cadres mauriciens, des études pélagiques et d’autres poudres aux yeux du même acabit. Les données de la zone exclusive économique des 200 milles marins sont venues tout remettre en question. L’accord de pêche, dénoncé à temps, est toutefois compensé par la signature d’un accord commercial soviéto-mauricien. Un verre de vodka contre une tasse de thé !
Un malheur ne venant pas seul, les Russes apprennent la dénonciation de l’accord de pêche en même temps que la nouvelle d’un nouveau contrat de trois ans pour la mission agricole chinoise et celle du désir portlouisien d’une coopération plus étroite avec Séoul.
La mission chinoise s’occupe du centre de recherches agricoles de Belle-Vue. Le précédent contrat devait expirer en septembre 1979. Le voilà étendu jusqu’en 1982. Elle continue d’ailleurs à faire miracle sur miracle à Belle-Vue mais à Albion seulement. Toujours cette stupide interdiction d’intervenir sur le marché local et traditionnel des cultures vivrières. Les légumes géants, à la bonne santé éclatante, sont toujours réservés aux grosses légumes du pays et aux caméras de la propagande télévisée nationale.
A Belle-Vue, des agronomes chinois remplacent avantageusement leurs homologues taïwanais. Ils y plantent toujours du riz à fort rendement et des légumes hybrides. On compte sur eux pour faire de la diversification agricole. La télévision nationale ne perd jamais ses droits.
Du côté de Séoul, Sir Seewoosagur Ramgoolam surprend même ceux habitués à ses U-Turns les plus inattendus. Il tient à participer au lancement de l’Amicale Maurice-Corée du Sud que préside son ministre de la Pêche, Iswardeo Seetaram. Il se désole de ne pas pouvoir se rendre de nouveau au pays des matins calmes mais se souvient de ses visites précédentes.
Restons dans le domaine des accords pour signaler l’existence de celui concernant l’exploration de deux épaves marines. Port-Louis autorise M. Jacques Dumas, président de la Fédération mondiale de Plongée sous-marine et archéologue réputé, d’explorer une épave gisant à l’extérieur des récifs de la côte est. Il y a déjà repéré 34 canons. L’autre épave a été découverte sur la côte ouest par le plongeur mauricien Pierre de Sornay. Il pourrait s’agir de la Bonaventure ou de la Samaritaine. Maurice compte une histoire maritime d’une grande richesse. M. Dumas espère que ses recherches permettront d’y ajouter quelques nouvelles pages aussi intéressantes que les anciennes.
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