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Ng Kwet Chan décrit nos premières familles chinoises

5 octobre 2008, 20:00

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Dans l?hommage filial que Ng Kwet Chan rend, à l?occasion de la célébration, en 1983, de la fête nationale de la République populaire de Chine, à notre communauté d?origine chinoise, il souligne, à juste titre, que la plupart des premiers immigrants chinois ont débarqué, au Port Louis, avec pour tout bagage leur besoin de quitter un pays natal ne pouvant leur offrir un emploi rémunérateur, et leur ardent désir de trouver ce travail à Maurice, d?y gagner assez d?argent pour pouvoir, d?une part, aider les leurs en Chine et, d?autre part, disposer du financement requis pour rentrer chez eux et mettre sur pied une entreprise rémunératrice.

Les guerres civiles entre Nationalistes et Communistes, l?occupation nippone, la Seconde Guerre mondiale, les tâtonnements des premières années du régime communiste chinois, les nouvelles perspectives offertes par l?Empire du Milieu à la diaspora chinoise à travers le monde, n?ont pas toujours favorisé le retour en Chine des immigrants chinois et de leurs descendants. Dans bien des cas, ce difficile, sinon impossible, retour en Chine est une source de bienfaits, sinon pour ces immigrants et leurs descendants, du moins pour les pays ayant su les accueillir, profiter de leur savoir faire, de leur boulimie pour le travail bien fait et pour la réussite, au premier rang desquels, figure, bien sûr, notre île Maurice.

Ng Kwet Chan ne tarit pas d?éloges, il y a un quart de siècle, sur les premières familles d?immigrants chinois, à savoir les Kiamtia, les Ah Kong et les Ah Koon (voir l?express de vendredi). En retraçant les descendants de ces premiers immigrants, il n?a aucune peine à démontrer combien, non seulement notre pays, mais encore d?autres pays, comme la Grande-Bretagne, l?Afrique du Sud, La Réunion, Sainte-Lucie, bénéficient, aujourd?hui encore, de l?apport de ces premiers immigrants chinois.

Nous connaissons déjà Réginald, le benjamin de l?immigrant Kiamtia et de son épouse née Lamarque (voir l?express de vendredi). Il épouse Mlle Tan Ah Chew qui lui donne huit enfants dont Régis, docteur en médecine ; Claude, comptable et directeur de pharmacie en Angleterre ; Germain, propriétaire d?une chaîne de pharmacies en Angleterre ; Roland, enseignant d?anglais et de français et adjoint au recteur du Collège d?Etat Sookdeo-Bissoondoyal à Rose Belle, époux de Marie-Madeleine, une spécialiste de haute couture, ayant travaillé, entre autres, pour Christian Dior ; Hervé, installé en Australie où il décroche un gros lot d?un million de dollars ; Marc, ingénieur électronicien, devenu l?associé de son frère Germain ; Claudinette, épouse de Noël Henri et première Mauricienne à décrocher le diplôme d?expert-comptable (ACCA) ; Elsie, l?épouse de Gabriel Seeyave, expert comptable chez DCDM.

Le deuxième premier immigrant chinois notable (arrivé en 1860) est Ah Kong qui épouse d?abord une demoiselle Descubes, puis une demoiselle Caboche qui lui donne sept enfants dont Georges qui épouse Chong Sen Seeyave, le frère d?Antoine New Seng Seeyave, le fondateur, en 1952, de la compagnie Happy World.

Georges et Louisia Ah Kong ont cinq enfants dont l?abbé Serge Ah Kong qui vient de célébrer ses noces d?or sacerdotales ; Joseph, statisticien ; Anne Marie, enseignante au Lorette de P.-Louis ; Michel, père de Laval, ancien cadre de la Sécurité sociale et directeur de pharmacies, en 1983, à R-Hill et P.-Louis ; Auguste, également pharmacien connu et estimé.

Eva Ah Kong et Chong Sen Seeyave ont six enfants, dont Michel Ange, éducateur et spécialiste des bonsaïs ; Gabriel, comptable de DCDM, Jacques, gentleman farmer à Sainte-Lucie et Mme Angseesing, enseignante et directrice d?école à Rose-Belle.

Le dernier premier immigrant, Ah Koon (arrive à Maurice en 1884), épouse Rachel Ayoune du clan Leong. Née en 1878, elle meurt en 1980, à l?âge de 102 ans, après avoir longtemps travaillé comme interprète auprès des immigrants chinois en raison de sa maîtrise de l?anglais, du français et du chinois. Ils ont deux enfants. L?aîné, Luc Fulcher, épouse Amélie Wong qui lui donne huit enfants. Il épouse en secondes noces Pang Mei Lee qui lui donne une fille Lily, devant épouser un Belge. La benjamine d?Ah Koon, Louise Odette, épouse Nicolas Law qui lui donne cinq enfants. Parmi les petits-enfants d?Ah Koon et de Rachel Ayoune, il y a Elsie, l?épouse de Shiong Far Kee Son (ils s?installent en Afrique du Sud) et Louis France qui s?établit à la Réunion et Franck le constructeur à qui nous devons une aile du collège Royal de Curepipe, le laboratoire de pesticides au Réduit, la salle de réception de l?ambassade de Chine, le Centre Ming Teck etc.

Un de leurs arrière-petits-enfants, Yves (fils d?Olga Ah Koon et Marc Wong You Cheong) épouse Phylis Bowman, une Etats-unienne, docteur en sciences agricoles, experte de l?ONU. Leur fille Jade (5e génération des Ah Koon) effectue, en 1983, des études de médecine en Angleterre.

Et tout cela parce que trois immigrants chinois, Kiamtia, Ah Kong et Ah Koon, décident de venir travailler à Maurice en 1845, 1860 et 1884 respectivement. De combien serions-nous moins riches s?ils avaient alors renoncé à cette aventure mauricienne ?

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