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?Ne sacrifiez pas l?indépendance du DPP?

19 novembre 2003, 20:00

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LES DESSEINS de l?Etat d?amender les pouvoirs constitutionnels du Directeur des poursuites publiques (DPP) suscitent de vives réactions. Les hommes de loi de Cehl Meeah se sont prononcés hier contre cette idée. Au contraire, soulignent-ils, Abduraffeek Hamuth mérite le respect de par sa décision de stopper toute poursuite au criminel à l?encontre du leader du Hizbullah.

?Ne sacrifiez pas l?indépendance du DPP parce que des politiciens ne sont pas contents de ses décisions?, a indiqué Me Nicolas Cook, Queen?s Counsel, avocat britannique de Cehl Meeah. Et d?ajouter : ?Maurice jouit d?une bonne réputation en ce qui concerne le respect des droits de l?homme. La décision du DPP a renforcé cette perception à l?étranger. Le peuple mauricien a une dette envers lui.?

Le Britannique a insisté, à maintes reprises, qu?il s?exprime en sa seule capacité de légiste : ?Je ne suis pas là pour m?immiscer dans la politique de Maurice.? Il a soutenu que ses propos ne doivent pas être interprétés comme des suggestions à diriger le pays.

Pour Me Robin Cook, personne ne peut montrer le DPP du doigt dans la mesure où personne n?a eu accès aux dossiers relatifs au procès. Le DPP, dit-il, ?comme tout bon avocat?, après une analyse démontrant que les preuves ne pourraient convaincre un jury, a rayé les accusations et ce, indifférent à la portée ?populaire? de sa décision.

Selon Me Nicolas Cook, avant de calquer les éventuels amendements sur les modèles indien, canadien ou australien, il faudrait tenir compte des spécificités de ces pays. Le Canada est un Etat fédéral, avec des législations propres à chaque province, en Inde, dit-il, le mécanisme en place est source de délais dans l?aboutissement des procès.

Le Queen Counsel a d?autre part abordé le sujet de retard dans l?aboutissement d?un procès : ?Justice delayed is justice denied. Evidence is best when it is fresh?.

De son côté, Me Raouf Gulbul s?est référé aux conclusions de la première enquête préliminaire sur le triple assassinat de la rue Gorah-Issac. A l?issue de cette enquête, Bahim Coco et consorts sont déférés aux assises. La DPP de l?époque, indique-t-il, a décrété le non-lieu. ?Il n?y a eu aucune critique. Nos politiciens se sont tus. Nous savons maintenant que la DPP a fauté parce qu?il a été dit en cour, sous serment, que c?est bel et bien Bahim Coco qui a donné l?ordre de tirer.?

Dans le même ton, Me Gulbul s?en est pris au ministre des Affaires étrangères, Anil Gayan. Il a mis en doute sa crédibilité. ?Je ne crois pas que le ministre soit honnête quand il affirme que le bureau du DPP a été divisé sur la question. Il n?a jamais eu accès au dossier. He is just taking everybody for a ride.?

Le point de presse a eu lieu à la municipalité de Port-Louis, en présence du leader du Hizbullah, de son beau-frère, Beelall Neyamuthkhan, et de ses proches collaborateurs.

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