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On ne pouvait pas tomber plus bas

7 janvier 2007, 00:00

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Honteux ! Le mot serait injuste vis-à-vis des joueurs qui ont tenté le tout pour le tout malgré les moyens restreints. Malheureusement, c?est le mot le plus approprié pour décrire la performance de Maurice aux récents Championnats d?Afrique qui s?étaient tenus en Algérie. Trois médailles de bronze. C?est la performance la plus médiocre enregistrée par les nôtres à un championnat d?Afrique.

À qui la faute ? Il serait trop facile de faire porter le chapeau aux joueurs, car si c?étaient eux les principaux acteurs à Alger, par contre il faut savoir dans quelles conditions se sont déroulées la préparation. L?Association mauricienne de badminton (AMB) dira sans nul doute que la faute revient au ministère de la Jeunesse et des Sports qui n?a pas agréé à sa demande pour l?embauche de l?Indien Anuj Gupta au poste de DTN ou encore pour n?avoir pas financé le camp d?entraînement qui devait se tenir à Bangalore.

Mais on devrait peut-être plutôt se poser la question de savoir pourquoi le MJS n?a pas agréé à leur demande ? La jeune équipe dirigeante a raté le coche. Ayant pris la barre il y a seulement un plus d?un an, l?équipe de Ravin Sandrasagren aurait pu faire bonne impression auprès des autorités en faisant, tout simplement, preuve de sérieux et en démontrant un peu de volonté pour relancer la discipline.

Malheureusement, les dirigeants de l?AMB ont accumulé gaffe après gaffe. Il y a eu tout d?abord le litige entre les joueurs et l?ancien entraîneur national, Annirao Dajee, qu?ils n?avaient pas su gérér.

Il y a eu par la suite l?affaire Shama Aboobakar. Cette dernière, qui avait été suspendue à la veille de son départ pour les Jeux du Commonwealth, pour acte d?indiscipline, a finalement pu réintégrer la sélection à la suite d?un jugement de la cour rendu en sa faveur. En fait, la fédération avait mal enclenché les procédures. Le résultat : ce cas est désormais suspendu comme une épée de Damoclès sur la tête des autres fédérations sportives.

Et puis, il y a eu le fameux stage en Chine à l?intention de trois joueurs ou trois entraîneurs. Au lieu de donner priorité aux joueurs ? d?autant plus que la fédération se plaignait de l?absence d?un DTN et du refus de financer un camp d?entraînement en Inde ?, les dirigeants se sont prononcés en faveur du stage pour entraîneurs. Sans même lancer un appel de candidature, les dirigeants, sous prétexte que la lettre du MJS portait le sceau de « treat as urgent », deux dirigeants de la fédération avaient été désignés pour faire le déplacement en Chine. Cependant, le MJS n?a pas agréé à leur demande et le camp d?entraînement est finalement tombé à l?eau.

Entre-temps, nos voisins seychellois avaient préféré de leur côté envoyer deux de leurs meilleures raquettes, en l?occurrence Juliette Ah-Wan et Georgie Cupidon à un stage de longue durée en Chine. Ils n?ont pas eu tort puisque la première nommée est la nouvelle reine d?Afrique tant en simple qu?en double mixte aux côtés de Cupidon.

Par ailleurs, l?AMB a eu tort en misant gros sur le Championnat d?Afrique au détriment des tournois africains. Comment veut-on que les joueurs préparent une compétition de haut niveau sans aucun frottement avec l?étranger ? D?autant plus que la plupart des joueurs sont issus de la jeune génération et n?ont pas de grande expérience du haut niveau.

Aussi longtemps que la devise de nos dirigeants sportifs serait de se servir du sport pour leurs intérêts personnels et en l?absence d?une vision à long terme, le badminton mauricien ne sortira pas du gouffre.

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