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Ne pas chercher de bouc-émissaire

16 août 2007, 00:00

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Monsieur le Ministre, on suppose que vous êtes soulagé après cette victoire de l'équipe de football de Maurice 3-0 contre les Seychelles ?

? Oui bien sûr, je suis très content pour la République de Maurice de cette victoire et cette qualification pour les demi-finales du tournoi de football. Malgré notre première sortie où nous avons été battus par Mayotte, le club M s'est ressaisi et cela nous a fait du bien. Aujourd'hui, nous avons démontré que notre équipe est toujours vivante. De plus, nous avons scoré un maximum et, valeur du jour, nous sommes la seule équipe aux Jeux des îles à avoir marqué trois buts.

Cette large victoire vous ouvre de belles perspectives pour la suite de ce tournoi ?

? Bien sûr. Nous avons donné tous les moyens nécessaires à notre équipe nationale pour qu'elle se prépare de la meilleure façon. Elle est notamment allée au Mozambique et s'est entraînée avec plusieurs clubs mauriciens.

Est-ce que cette victoire ne va pas également contribuer à redonner un nouveau souffle à votre pays ? On a un peu l'impression depuis le début des Jeux que Maurice a du mal à retrouver le niveau qu'elle avait atteint il y a quatre ans à domicile et que vos équipes nationales sont en retrait par rapport à Madagascar notamment.

Oui et non. Quand quelqu'un organise les Jeux chez lui, il a un avantage psychologique avant tout. C'est tout à fait normal. Mais même si nos volleyeuses ont été battues à plates coutures par les Seychelles, elles nous ont offert des matches palpitants ici.

Quatre ans après des Jeux qui avaient été organisés à Maurice et où tout avait été fait pour que ce soit une réussite pour vos équipes, est-ce que vous avez vraiment mis tous les moyens cette fois ?

? L'Etat a joué son rôle au maximum. Il ne faut pas oublier qu'il y a eu un changement de gouvernement en 2005. Ce n'est que début 2006 qu'on a commencé à travailler pour les Jeux des îles. Je ne vais pas chercher de bouc-émissaire. L'Etat a fait son maximum. Avec les autres parties, les fédérations, les sportifs, c'est un puzzle et nous devons jouer ensemble.

Quand dans les autres îles de l'océan Indien on évoque le sport à Maurice, on pense tout de suite à Michael Glover. N'est-ce pas très difficile à porter ?

? Non. Personnellement, je ne le pense pas. Chacun à son style. Je ne peux pas me prononcer là-dessus. Michael a eu son expérience. Quant à nous, nous allons travailler.

Vous estimez avoir été pris de court pour ces Jeux. Qu'est-ce que vous allez imprimer comme marque dans les prochaines années pour faire bouger Maurice et lui permettre de retrouver le niveau d'il y a quatre ans et rebondir aux Seychelles ?

?Je peux vous assurer que dès que nous allons rentrer au pays, nous allons faire une évaluation et nous prendrons les mesures courageuses qu'il faudra pour remédier à cette situation.

Une situation que vous estimez difficile ?

Non. Aujourd'hui, c'est l'Etat qui ouvre le robinet. Les fédérations s'en servent. Si nous voyons que quelques fédérations ont fauté, nous prendrons les mesures courageuses pour remonter la pente.

Si le Club M gagne la médaille d'or du football, est-ce que vous estimerez avoir sauvé vos Jeux ou bien vous ne misez pas que sur le football ?

? Premièrement, j'essaierai de pratiquer une politique de proximité. Deuxièmement, si je dois prendre une décision, je l'appliquerai avec courage. Je pense que nous allons devoir évaluer notre formation, préparer nos encadreurs, etc... A Maurice pour le football, nous dépensons presque 7 à 8 millions de roupies que nous donnons à la fédération. Nous n'avons aucun contrôle sur la fédération, vous voyez ce que je veux dire. C'est ça le problème. Il faut que cela soit donnant donnant à l'avenir.

Pierre-Yves VERSINI Le Quotidien de la Réunion

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