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Navin, Shakeel, Assad...

7 avril 2007, 00:00

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Nazim ESOOF

Lors de la dernière réunion de son comité exécutif, Navin Ramgoolam a sévèrement rembarré les militants des haut-parleurs de son parti que sont Shakeel Mohamed et Assad Peeroo. Les fausses notes des deux enfants gâtés du travaillisme ont donné du PTr l?image d?une pétaudière. Et cela, le leader de parti ne l?a pas apprécié, exigeant des explications sur un ton que ceux qui le côtoient appréhendent vivement et qui a fortement déplu à l?un des deux outragés.

Dans un pays où l?engagement politique revient souvent à une affaire de famille ou d?appartenance ethnique, l?opinion publique s?est accommodée de ces personnages qui font de la politique en efficaces lurons. Des personnages tapis dans l?ombre en attente du bon prétexte pour donner un sens à leur présence sur la scène publique. Ce sont les enfants symptômes d?une île Maurice où une classe déterminée ne trouve de prestige qu?en politique. Ces hommes-là ne sont pas aussi intéressants que cela. Ce sont des opportunistes indécrottables.

Par contre, lorsqu?un leader de parti, de surcroît Premier ministre, ne serait-ce que par souci d?instaurer une discipline de parti, ramène à l?ordre des seconds, c?est un bon signal qu?il envoie à la population. Ce n?est pas parce qu?on est du parti majoritaire qu?on peut tout se permettre. Et cela, Navin Ramgoolam devrait le faire savoir. Ce ne sont pas des Shakeel Mohamed et Assad Peeroo qui peuvent se permettre de prendre sur eux-mêmes de lancer des mouvements populistes.

Tout pays qui traverse par des périodes de turbulences a besoin d?un leadership fort. C?est ce qui est attendu du Premier ministre en ces périodes troubles. Un dépoussiérage de ces zones qui prêtent à des interprétations angoissantes. Il revient au chef du gouvernement de mettre de côté les questions partisanes pour prendre de la hauteur par rapport aux événements. Navin Ramgoolam a fait un premier pas en ce sens.

Il est facile d?être chef de clan. Être chef de gouvernement, c?est une autre paire de manches. C?est lorsqu?il prend à contre-pied l?opinion publique que le chef de gouvernement est le mieux dans son rôle de meneur. Car dans ce pays, on ne s?affirme le mieux qu?en bouleversant les convenances tant ils sont nombreux à se battre pour l?ordre établi. C?est aussi en démontrant son indépendance vis-à-vis des sous-fifres qu?un chef de gouvernement convainc de son autorité. Une autorité jamais démonstrative et calculée mais toujours simple et naturelle?

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