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Natasha met fin à ses jours dans les flammes
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Natasha met fin à ses jours dans les flammes
Quatorze ans. L?âge de l?insouciance, où on a des rêves plein la tête, où généralement on placarde les murs de sa chambre de posters d?idoles, où l?on éprouve ses premiers émois? Pourtant, comme pour contredire ces idées toutes faites et guimauves sur l?adolescence, Natasha a choisi cet âge-là pour mourir. Et de quelle mort ! Cette jeune fille qui avait toute la vie devant elle, une ex-étudiante du collège Universal, s?est immolée par le feu lundi.
Ce jour-là, alors que ses proches et ses voisins sont à un chowtari, à quelques centaines de mètres de sa maison à Piton, la jeune fille s?enferme dans la salle de bains avec un bidon de pétrole. Auparavant, selon la police, elle prend la peine de griffonner sur un morceau de papier ces quelques mots : « Mo fine fer ène erreur. Excuse moi. » Dans sa lettre d?adieu, Natasha explique aussi qu?elle mérite une punition.
Elle s?asperge alors de pétrole avant de mettre le feu à ses vêtements. En quelques secondes, le corps de Natasha n?est plus qu?une torche vivante. Ses hurlements alertent sa mère qui ne s?est pas non plus rendue au chowtari. Affolée, elle fonce en direction de la salle de bains, mais la porte est fermée de l?intérieur. Après plusieurs tentatives, elle arrive à la défoncer et là, une vision d?horreur s?offre à ses yeux. Natasha est allongée au sol et les flammes
la dévorent. Sa mère tente de lui porter secours et ce faisant, se brûle les mains et les pieds. Elle parvient cependant à appeler le Samu. Peu de temps après, la jeune fille et sa mère sont transportées d?urgence au service des grands brûlés de l?hôpital Victoria.
Unis par la douleur et le silence
L?espoir insensé de la mère de Natasha ? que sa fille reste en vie ? est éphémère. Une heure après son admission à l?hôpital, elle succombe à ses brûlures, emportant avec elle le secret de son geste désespéré. Ses obsèques ont eu lieu mardi. Sa mère est effondrée et ne sait comment faire pour s?occuper de son autre enfant qui n?a que six mois.
Quel est donc ce désespoir qui a incité Natasha, fille aînée d?une famille de deux enfants à commettre l?irréparable ? Les membres de sa famille se sont tous donné le mot. Ils sont unis dans la douleur, unis par un pacte de silence. Père, mère, tantes, oncles et grand-père maintiennent qu?ils ne sont au courant de rien et avouent ne pas comprendre le geste de la jeune fille.
Par-delà la mort, ils cherchent à protéger l?honneur et la mémoire d?une fille dont la réputation a toujours été bonne. « Li ti ène bien bon zenfant, bien douce. Li ti respect tou dimoune, dire bonzour tout le temps », témoigne une voisine.
Pour l?heure, l?enquête policière suit son cours. Le seul élément qui permettrait d?expliquer ce suicide demeure la lettre d?adieu.
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