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Namaseevayen interdite d?accès aux dojos
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Namaseevayen interdite d?accès aux dojos
Deux cas de contrôles positifs simultanés, deux fédérations sportives et deux écoles de pensées. L?une, l?Association mauricienne d?Athlétisme Amateur (AMAA) est d?un indéniable professionnalisme, et aux antipodes, la Fédération mauricienne de judo (FMJ).
Hier au dojo de Grande-Rivière, le comité directeur de la FMJ annonce à Dolly Namaseevayen qu?elle est provisoirement interdite d?accès aux dojos de l?île. ?Elle n?aura pas le droit d?accéder au dojo national ainsi qu?aux dojos régionaux?, confirme le président de la FMJ, Rashid Jhurry.
La décision tombe trois jours après l?annonce des résultats positifs de la judokate à la furosémide lors de la rencontre entre le comité directeur et la judokate. Pour l?occasion, les membres de la FMJ avaient convié l?avocat Nuvin Proag, alors que la judokate incriminée était seule.
Et peut-être un peu trop naïve, Dolly Namaseevayen confond, quant à elle, le mot bannir (provisoirement) et soutenir. Hier au téléphone, elle nous confiait : ?Chacun m?a témoigné son soutien?.
Pour Rashid Jhurry, la décision de son comité directeur d?interdire l?accès aux dojos semble la plus logique. ?Nous lui avons remis une lettre officielle à cet effet, lui expliquant clairement la situation?, réitère Rashid Jhurry.
Pour une suspension provisoire et dans l?optique qu?aucun comité disciplinaire n?ait encore été instauré, cette décision semble arbitraire. La suspension provisoire prend l?allure d?une lourde sanction.
Dolly Namaseevayen a, d?ores et déjà, admise avoir pris la substance interdite classée dans la catégorie des diurétiques et autres agents masquants et a renoncé à une contre-expertise. Elle a, maintenant, le droit de s?expliquer devant un comité disciplinaire indépendant nommé par la FMJ et ce dans un délai raisonnable comme le stipule l?Agence mondiale anti-dopage (AMA) dans la section 8 du World antidoping code.
Hors, la mise en place et la date à laquelle siégera ce comité restent indéterminées. Vendredi dernier, Rashid Jhurry nous annonçait un comité disciplinaire mais, hier, c?est une simple rencontre entre les membres de la fédération et Dolly Namaseevayen qui s?est tenue. ?Les fêtes de fin d?année nous empêchent d?agir?, dit-il. Prétextes somme toute irrespectueux envers la communauté sportive.
Si les festivités étaient une barrière infranchissable, comment se fait-il que l?AMAA a, elle, annoncé les noms des membres de son comité disciplinaire le jour même du dévoilement public de l?affaire Casquette. L?AMAA espère même clore le dossier Casquette avant la fin de l?année alors que le comité ne siège que ce mercredi. Qui plus est, l?athlète garde son droit d?accès aux stades.
Que ce soit Arnaud Casquette ou Dolly Namaseevayen, les deux ont accepté les résultats du contrôle antidopage. Dans le cas de Dolly Namaseevayen, elle risque la peine maximale. Vu la gravité de la situation, on aurait espéré que la FMJ instaure un comité indépendant qui s?attèlerait à établir les faits en toute objectivité dans les plus brefs délais.
Pour ne pas changer, la FMJ semble avoir choisi d?attendre que la tempête se calme. Telle l?autruche, elle espère que le péril se dissipe de lui-même. Elle démontre par là-même un manque de courage et d?honnêteté et fait preuve d?un déroutant laxisme.
L?AMAA a, elle, choisi la transparence. Conférences de presse, distribution du rapport de Casquette à la presse, ainsi que la lettre de Casquette refusant une contre-expertise.
De son côté, la FMJ refuse une communication effective qui aurait évité toute suspicion. Aucune conférence de presse mais des déclarations brèves, évasives et confuses.
Gaëtan Janvier nous confiait dans la matinée de vendredi que Dolly Namaseevayen avait quitté Maurice le 19 novembre pour la France où elle était en stage avant de rallier Niamey le 6 courant avec environ 7 kg de plus. Dans l?après-midi, il devait revenir sur ses dires pour ramener le surplus de poids à trois ou quatre kilos pour concorder les déclarations de Dolly Namaseevayen. Et hier, Rashid Jhurry devait, lui, nous affirmer que la judokate pesait à son départ 63 kg.
Autre point litigieux : Dolly Namaseevayen confiait dans notre édition de samedi dernier que : ?La lettre (où elle refuse une contre-expertise) était en anglais, je n?ai pas bien compris?. Or, Rashid Jhurry nous a affirmé que cette lettre avait été rédigée en français. Cependant, il refuse de nous la montrer. ?Ce n?est pas encore le moment. Nous le ferons en temps et lieu?, dit-il.
C?est à ne rien comprendre. Qui prêche le faux et qui prêche le vrai ?
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