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Nadal, l’homme pressé
Une victoire en 5 sets au bout de 5 heures de lutte. La 53e victoire historique de Rafael Nadal sur terre battue lui permet d’égaler le vieux record de 1977 de Guillermo Vilas avec panache. Nadal est décidément un sacré phénomène. Une bénédiction pour un tennis masculin beaucoup trop stéréotypé et coincé, au contraire de son homologue féminin…
Rebelle jusqu’au bout des ongles, Nadal est à l’image de sa génération. Il veut foncer, aller très vite (trop vite ?) et n’hésitera pas à brûler des étapes pour arriver au sommet. Le respect des anciens ? Très peu pour lui, faire des courbettes, c’est pas trop son style !
Il n’y a qu’a voir comment il a rué dans les brancards face à Roger Federer dimanche, au Masters Series de Rome, pour s’en convaincre. Avant de vaincre le numéro 1 mondial, Nadal a souffert, est apparu fragile par moments, dans un match terriblement intense.
Au coeur de la tempête, il a laissé passer l’orage et a fait le dos rond. Et puis, soudain, le guerrier qui sommeillait en Nadal s’est brusquement réveillé, pour repartir, vaillamment, au combat. Capable de décocher des coups d’une puissance inouïe après 5 heures de jeu, il a poussé Federer à la faute. Et a fini par le faire craquer.
Face à l’envie, la gnac et les ‘Vamos !’ incessants de Nadal, la machine à gagner qu’est Federer (7 titres du grand chelem à son actif) nous est apparue ébranlée. Celui que l’on croyait intouchable (13 finales consécutives cette année) est subitement redevenu humain, tandis que le gamin de 19 ans a semblé puiser son énergie dans l’adversité. Le jeune gaucher démontre des nerfs d'acier dans les situations extrêmes.
Selon les commentaires entendus dimanche sur Sport +, Federer sait qu’il est ‘tennistiquement’ prêt pour battre Nadal et était vraiment à deux doigts de le faire, mais, à chaque fois, les circonstances lui donnent tort au moment d’achever son adversaire.
Cette surface lente gêne beaucoup Roger Federer même si ce dernier met du coeur à corriger ses manquements sur terre battue. Voilà comment Nadal est devenu la bête noire du Suisse et mène désormais 4-1 dans leurs confrontations directes. Vivement leurs possibles retrouvailles dans quinze jours à Roland Garros.
Le dernier exploit de Nadal, qui survient après une victoire quasi similaire le mois dernier face au même Federer au tournoi de Monte Carlo, confirme par ailleurs la richesse de la pépinière de jeunes sportifs espagnols de très haut niveau. Fernando Alonso, champion du monde de Formule 1 avec Renault, et vainqueur ce week-end en Catalogne, n’a que 24 ans et mène le classement mondial des pilotes cette année encore.
Daniel Pedrosa, 21 ans, triple champon du monde de moto en 125cc et 250cc est en train de se faire une place de choix en MotoGP, au grand dam du champion en titre Valentino Rossi… Et comment finir sans citer Dani Sordo qui effectue une percée encourageante en rallye…
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