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Médine : à la conquête du marché du letchi
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Médine : à la conquête du marché du letchi
Il ne faut jamais se fier aux apparences. Si aucun changement physique n?est perceptible dans le verger de letchis de la propriété sucrière de Cressonville, Beaux-Songes, rien n?y sera plus comme avant.
Désormais, Médine se chargera elle-même de la commercialisation de ses letchis. Et pour cause. Le verger de Cressonville est l?un des plus grands de l?île. Il contient un peu plus de 700 letchis dont certains sont centenaires. Les bénéfices ne sont pas inintéressants non plus.
Les dernières statistiques sur la performance d?un letchi âgé de 80 ans indiquent qu?il a produit près de 500 kilos de fruits, soit quelque 25 000 unités. Si le consommateur paie le fruit à Rs 2.50 l?unité, les bénéfices sont de Rs 62 500.
Jusqu?ici, Médine se contentait de vendre les fruits bien avant la cueillette selon un système d?appel d?offres.
Le preneur assumait tous les risques, de la conclusion de la transaction jusqu?à la commercialisation du produit.
Médine veut entrer de plain-pied sur le marché local du letchi et éliminer en même temps les intermédiaires. À partir de la mi-novembre, elle va assurer elle-même la cueillette et la vente de ses produits. Des points de vente seront aménagés à différents endroits de la région de l?Ouest.
L?entrée de la propriété sucrière dans la commercialisation de ses letchis fait partie de tout un processus visant à rationaliser la production, la cueillette et la commercialisation de ce projet sur le marché local.
« Le verger de Cressonville sera géré comme une entreprise », explique Gillian Agustee, premier assistant de la section de Beaux-Songes. Ce processus de rationalisation des modes d?opération du verger ne date pas d?hier. Un employé est affecté à l?entretien du verger en permanence. Ramhit Pretidev surveille, irrigue, et élague les letchis. « Je suis parvenu à connaître chacun des letchis comme s?ils étaient mes propres enfants. »
Lutte contre les chauves-souris
La prochaine récolte sera cruciale pour Médine. Ce sera la période de transition entre l?ancien et le nouveau système. Une fiche technique sera réalisée pour chacun des arbres.
Cette fiche permettra de suivre systématiquement l?évolution de chaque arbre fruitier depuis sa floraison jusqu?à la cueillette. Ce qui permettra de compiler des données indispensables pour une gestion rationnelle du verger, et pour la prise de décisions conformes aux objectifs fixés. Cette approche permettra également de préciser la qualité ainsi que la quantité de letchis par arbre.
En prenant la charge de la commercialisation de ses letchis, Médine prend sur ses épaules toutes les tracasseries qui vont avec. « La récolte du letchi est saisonnière. En mûrissant, ce fruit aiguise l?envie de s?en procurer. Il faut faire face aux prédateurs que sont les oiseaux, tout particulièrement les chauves-souris. Leur nombre s?accroît de plus en plus. Cependant, je n?en fais pas un drame. Il y en a pour tout le monde et tous devraient y trouver leur compte », soutient stoïquement Gillian Agustee.
Pour repousser les oiseaux le jour, rien de plus simple que les cris des enfants et l?installation sur les arbres des bouts de bois à l?extrémité desquels sont fixés des morceaux de tissus.
La lutte contre une espèce protégée qu?est la chauve-souris exige le recours à des moyens techniques poussés comme, par exemple, des appareils qui émettent des ultrasons capables de l?orienter vers d?autres cibles. La présence de Ramhit Pretidev le jour et d?un service de surveillance la nuit, contribue à lutter contre les prédateurs humains.
Revaloriser les atouts du verger
Ces facteurs sont loin de constituer un élément de découragement. Médine veut revaloriser tous les atouts du verger. Et des atouts, il n?en manque pas. Ce verger occupe une superficie de 12 hectares, soit l?équivalent de 28 terrains de football d?un arpent chacun. Cette superficie est subdivisée en raison de la route qui relie Flic-en-Flac à Quatre-Bornes. La partie plus importante donne sur le flanc ouest de la montagne de Corps de Garde.
« Nous allons revaloriser tous les atouts de ce site. C?est un long processus. Nous avons l?intention de faire le nettoyage de la rivière qui longe la route principale », indique Gillian Agustee. « Les idées ne manquent pas. Pourquoi pas un festival de letchis comme c?est le cas ailleurs ? »
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