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Mutinerie : Un détenu explique comment il a été contraint de suivre les évadés
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Mutinerie : Un détenu explique comment il a été contraint de suivre les évadés
Un homme se présentant comme Koylash Berty Mayeputh, 31 ans, marié, trois enfants, s’est confié vers 11 heures sur Radio One. Il dit avoir été contraint de s’évader.
S’adressant à Finlay Salesse dans Enquête en direct, il allègue que cette évasion a été organisée à l’heure du déjeuner, ce dimanche 27 juin. Par la suite, il décide d’en parler à un officier qui, estime-t-il, est mêlé à cette évasion massive, vu son attitude passive après avoir reçu l’information.
Condamné pour un délit mineur, Koylash Berty Mayeputh ne souhaitait pas s’évader mais, ajoute-il, les autres détenus ne lui ont pas laissé le choix : «To vini ou bien to tassé !» Face à ces menaces, Koylash Berty Mayeputh dit avoir opté pour la première solution, quitte à se mettre dans l’illégalité. Tout au long de sa déclaration à la radio, cet évadé précise bien qu’un seul détenu était censé s’évader.
Peu de temps auparavant, une femme, toujours sur Radio One, dit avoir recueilli un évadé chez elle. Cependant, elle ne témoigne d’aucune violence venant de ce fugitif, au contraire, il était plutôt craintif. Elle déclare lui avoir conseillé, à maintes reprises, de se rendre à la police. Cependant, le fugitif dit avoir peur de se faire tabasser, et qu’il est déjà blessé au visage, pour avoir refusé dans un premier temps de suivre les autres évadés.
Par ailleurs, lexpress.mu a pris contact avec un ancien prisonnier qui a été incarcéré à la prison de Beau-Bassin pendant 4 ans.
Notre interlocuteur, qui a voulu garder l’anonymat, accuse les gardes-chiourme d’être les complices de certains prisonniers, aidant à faire entrer dans la prison téléphones cellulaires et drogues. Cependant, il affirme que les gardes emploient des méthodes traumatisantes à l’égard des détenus, les enfermant, par exemple, dans un cachot très sombre meublé d’un simple matelas et cela pour une durée indéterminée, pouvant varier d’une semaine à un mois.
Il allègue également qu’à la prison de Grande-Rivière, les prisonniers en attente de jugement profitent de leur comparution en cour de justice pour nouer des contacts avec l’extérieur et ainsi faire pénétrer diverses substances illicites dans l’enceinte de la prison. Et même, ajoute-t-il, pour organiser une éventuelle évasion. Notre interlocuteur nous confie également que certains prisonniers subissent des pressions de la part de leurs codétenus pour participer à ce genre d’opération.
Il déplore également les conditions d’emprisonnement difficiles à Grande-Rivière, affirmant que les cellules sont très petites et qu’il y a surpopulation.
Lire aussi : Mutinerie à la prison de Grande-Rivière Nord Ouest : Six des 34 évadés ont été repris
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