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Murmures à l?oreille des poulets
?Allé vini, vine mangé?. Ce n?est pas à ses enfants ou à ses petits enfants que Clauda Spéville s?adresse, mais bel et bien à plus de deux-cents poules qui picorent dans une grande cour où elle habite à Pistache. Elle tient entre ses mains des épis de maÏs et les sême pour les attirer.
Quelques mètres plus loin, des cochons, des moutons, des b?ufs, des chèvres, des pintades traînent dans la cour sous les yeux vigilants de ses enfants.
Agée de 17 ans seulement, soit un après son mariage, Clauda se lance dans l?élevage pour arrondir le budget familial. Elle achète un b?uf et un cochon pour démarrer en cultivant en même temps des oignons, de la pomme de terre, du maïs sur une plus grande superficie.
En 1954, un ingénieur d?origine anglaise, vient dans l?île et fait un constat : l?eau est le principal obstacle qui empêche la communauté des éleveurs et des agriculteurs de progresser. Il trouve le moyen de régler partiellement ce problème en mettant au point une stratégie pour puiser l?eau provenant d?un barrage afin d?approvisionner les habitants de ce quartier. L?ingénieur construit des bacs pour alimenter toute la région. Cette initiative dégage une nouvelle dynamique dans la production vivrière. Les résultats dépassent les espérances. Les cultivateurs notent une nette amélioration et un meilleur rendement de leurs produits.
?Sa tecnic là ti ran nu ene grand service ek li ti encourage nu planté et soign zanimo?, se rappelle Clauda.
Encouragée et fière de ses résultats, cette habitante du village Pistache profite du marché pour développer la culture du maÏs, de la pomme de terre et des haricots sur une plus grande superficie et pour améliorer ses pâturages libres.
Des hauts et des bas
Elle n?avait pas tort. La production s?améliore de même que le cheptel.
Mais la fortune ne suit pas longtemps. L?ingénieur retourne dans son pays natal. Le nouveau système d?irrigation ne tient pas longtemps, faute d?un suivi.
Conséquence : la communauté des planteurs et des éleveurs de cette région est sérieusement affectée par la sécheresse et un climat défavorable. Une situation qui les contraint à réduire la surface sous culture.
Clauda, une passionnée de la terre n?est pas femme à céder au découragement. Elle persévère malgré des hauts et des bas. ?Pas capav bes les bras kan ou ena zenfan?, confie-t-elle.
Elle parvient avec beaucoup de difficulté à stabiliser son cheptel et cultiver, avec de l?eau puisée dans une rivière à côté.
La chance lui sourit au début de l?année. Elle tire profit des bonnes semences d?oignons, de maïs, qu?elle a mis en terre mais sans grand résultat en raison d?une surproduction sur le marché de ces produits. Ele cite en exemple, la surproduction de la viande porcine qui affecte le marché à Rodrigues et coût de production : ?Nu pas finn kapav vendé. Dimoune pena cash pu asté?, regrette Clauda.
Pour faire face à tous ces problèmes liés à l?agriculture et à l?élevage à Rodrigues, Clauda suggère aux autorités de bien planifier pour revoir tous les problèmes liés à l?eau, stockage et la gestion du marché.
?Sinon eleveur ek agriculteur pu disparet dans l?île?, prévient cette femme qui ambitionne de vivre dans une île Rodrigues où les jeunes prennent la révèle dans le secteur agricole. ?Si pou continue coumsa mo pas trouvé couma ban zenes pu rentre dans l?agriculture et l?élevage?.
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