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Mo?zar ou le jazz des banlieues

18 juin 2006, 20:00

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Le groupe de l?Atelier Mo?zar, mené de main de maître par José Thérèse, se produit le 23 juin à l?Alliance française pour un concert. Une occasion pour le public de découvrir de jeunes musiciens issus des banlieues de Port-Louis dans un répertoire qui comprend quelques grands classiques du jazz.

Le groupe est composé de quinze jeunes, tous issus de l?école de musique de l?Atelier Mo?zar, à Roche-Bois. Ils seront accompagnés par le guitariste Neshen Teeroovengadum et Laurent Leroux, un expatrié, fan de jazz et de saxophone, rencontré par hasard.

Le concert du 23 juin s?inscrit dans le cadre de la tournée du groupe pour la promotion de son premier album, Teens Hope. Ce disque a été lancé en décembre dernier. Depuis, le groupe s?est produit dans des collèges comme Le Bocage High School, le Couvent de Lorettes de Saint-Pierre ou encore l?école Paul et Virginie, à Tamarin.

Prêts à tous les sacrifices

Cet événement sera agrémenté d?une exposition de posters des géants du jazz, de la collection personnelle de José Thérèse. Duke Ellington, Louis Armstrong et les autres sont la source d?inspiration principale des musiciens de Mo?zar.

José Thérèse le dit lui-même dans une série de textes qui accompagnent l?exposition. ?Entre noir et blanc, écrit et improvisé, oral et littéral, le jazz se construit moins d?un accord parfait, fantasme d?harmonie, que d?un jeu d?équilibres inlassablement rompus, de vitales contradictions et d?arrangements ouverts à toutes les variations?, peut-on ainsi lire.

Ce concert du 23 juin veut également toucher tous les publics. Selon le responsable de l?Atelier Mo?Zar, le jazz est en train de ?sortir des salons et de se propager dans les banlieues?. Cela, grâce aux élèves qui fréquentent l?école de musique et qui le disséminent autour d?eux. Ces derniers sont prêts à tous les sacrifices pour jongler avec les notes.

Une nouvelle école à Mahébourg

C?est le cas d?Ivan, jeune musicien de l?école et pilier du groupe, qui a économisé et qui a réussi, avec le soutien de José Thérèse, à se payer un saxophone d?occasion. Le prix de l?instrument avoisine, sur le marché, les Rs 70 000. Dur, dur pour des gars qui touchent parfois Rs 2 000 par mois, comme le fait ressortir José Thérèse.

?Même si le public jazz reste encore bourgeois, la musique s?infiltre de plus en plus ?, note le musicien. Il est d?ailleurs sollicité par un groupe de Mahébourg pour y établir une école de jazz.

?L?idée fait son chemin? Et le contexte ressemble beaucoup à celui de Roche-Bois où nous sommes implantés. La musique doit se frayer un chemin à travers la drogue, la délinquance et la misère?, précise José Thérèse.

L?Atelier Mo?zar a été secoué par quelques départs récemment. Mais pour José Thérèse cela n?a pas affecté son fonctionnement puisqu?il attire près de 150 élèves. Les cours sont presque exclusivement délivrés par le musicien lui-même. Flûte, saxophone, trompette, le patron de l?Atelier Mo?zar maîtrise tous les instruments à vent. Les cours de piano sont dispensés par une jeune pianiste, Nathacha Chéry.

L?école possède ses propres instruments, certains offerts gratuitement par des mécènes. Contrebasse, saxophone, piano et batterie. Elle continue d?attirer et de former les jeunes des banlieues. Et elle s?ouvre au mélange des genres.

Après Teens Hope, le groupe de musiciens prépare, en effet, un album de séga-jazz. Il devrait pouvoir en livrer quelques notes le 23 juin, à l?Alliance française. Les ?arrangements ouverts à toutes les variations? que décrit José Thérèse sont définitivement à l?ordre du jour.

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