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Mort en eaux troubles d?un dépressif

16 octobre 2004, 20:00

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De l?aveu de tous, Viray Boyjoo, 38 ans, était un homme calme et patient. Mais en cessant le traitement prescrit pour ses problèmes mentaux, sans l?avis des médecins, il s?est enfoncé dans une spirale infernale. La maladie qu?il couvait a eu raison de lui. C?est en tout cas ce qu?affirme la famille pour expliquer sa mort par noyade.

À Poudre-d?Or Hamlet, les voisins s?interrogent encore. Les mots leur manquent pour qualifier le drame dont a été victime Viray, caretaker depuis trois ans au Centre communautaire de la localité. Stupéfaits, tous regrettent cet homme costaud, qui était apprécié pour le travail social qu?il accomplissait.

Soomitra Ahotar, une veuve esseulée de 84 ans, en témoigne. « Je le connais depuis qu?il est enfant. Et il a toujours été quelqu?un de serviable. Limem ti pe amenn mo legim, al rod mo kas pension la fin di moi. Enn kout linn ale en tret », soupire la vieille dame encore tout émue. Elle garde de Viray le souvenir d?un homme « trankil » qui, malgré des problèmes de santé mentale, savait garder le sourire.

Mais, selon les dires de son frère Rajiv, le défunt couvait une dépression peu de temps avant qu?il ne quitte la maison familiale pour trouver la mort dans le bassin Baudot. « Li ti renferme se dernie tan. Apart so travay, li pa ti pe sorti mem. »

Maintenant, avec le recul, il soupçonne son frère aîné d?avoir cessé de prendre ses médicaments pour des raisons qui lui sont inconnues. « Dernie foi, en fevrie, li pa ti al lor so rendevou Brown-Séquard. » Sinon comment expliquer cet état perpétuel de dépression dans lequel il était plongé ?

Viray disparaît le 30 septembre. « La veille nous avons parlé jusqu?à 21 heures 30. Puis, je suis allé me coucher. Lorsque je me suis réveillé vers 5 heures le lendemain, la lumière de sa chambre était allumée et elle était vide », raconte Rajiv.

Des battues avec des chiens renifleurs

Il ne s?inquiète pas outre mesure, pensant que son frère s?est réveillé plus tôt que d?habitude. « Zame mo frer finn sorti sans fer nou kone kot li pe ale. » Mais les membres de la famille commencent à paniquer en constatant que Viray n?est pas là. Les démarches sont immédiatement entreprises pour le retrouver et sa disparition est rapportée à la police de Piton.

Des battues sont organisées, et la police fait même appel à des chiens renifleurs pour retrouver le jeune homme. Selon les voisins, les chiens ont pris la direction d?un arrêt d?autobus avant de perdre sa trace. Parents, amis et connaissances se mettent également de la partie. « Pendant quatre jours nous l?avons recherché jour et nuit. Nous sommes même allés voir un religieux pour qu?il nous guide », souligne un voisin. C?est dire les tourments dans lesquels les habitants étaient plongés.

La photo de Viray, diffusée dans les médias ne donne aucun résultat, si ce n?est des fausses pistes. « Partout kot ine gaign sondaz nou finn al rode li », affirme un proche. Dix jours d?angoisse. « Nou ti pense ki linn perdi sime, me ki to ou tar li pou retourne. »

Et puis, c?est le choc. La nouvelle que des pique-niqueurs ont retrouvé le corps de Viray, dimanche dernier, dans le bassin Baudot se répand comme une traînée de poudre. Incrédules au départ, les Boyjoo doivent se rendre à l?évidence. Il s?agit bel et bien du disparu, car il portait les mêmes vêtements qu?au moment de sa disparition. L?autopsie pratiquée par le Dr Amah Charya Gujjalu, a attribué le décès à une asphyxie due à la noyade. L?enquête a conclu à l?accident.

« Mo bien sagrin linn ale. Li ti kouma dir mo zanfan », affirme la vieille Soomitra, les yeux remplis de larmes.

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