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Monaco pour la sixième ?
Michael Schumacher arrive dans son jardin de Monaco en leader incontesté du Championnat du monde. Vainqueur des cinq premières courses de la saison, l?Allemand y vise un sixième succès, ce qui lui permettrait de battre le record de Nigel Mansell. En s?imposant, le sextuple champion du monde égalerait aussi Ayrton Senna, vainqueur à six reprises dans les rues de la Principauté.
Des vrombissements assourdissants, des monoplaces circulant à vitesse très élevée au pied des immeubles et à deux pas de la Méditerranée, le tout en frôlant des barrières toujours plus proches de la piste : pas de doute, vous êtes à Monaco. Le théâtre du sixième Grand Prix de l?année va encore marquer ? comme tous les ans ? un moment fort de la saison de Formule 1. Le circuit routier de la Principauté (avec ses nouveaux stands), véritable perle anachronique à l?heure des boucles ultra-modernes, est l?un des derniers morceaux de bravoure de la F1 du XXIe siècle. Et comme par hasard ? celui-ci fait d?ailleurs excessivement bien les choses ? c?est à Monaco que Michael Schumacher pourrait s?offrir un énième record à sa gargantuesque collection.
Après avoir égalé le nombre de victoires d?affilée lors d?un début de Championnat du monde (5) à Barcelone, le Kaiser des circuits pourrait bien effacer Nigel Mansell des tablettes. D?ailleurs, on se demande bien ce qui pourrait empêcher une telle issue. En exagérant à peine et mis à part une hécatombe (comme en 1996 quand Olivier Panis avait remporté la course), on voit mal le pilote Ferrari perdre des plumes à Monaco et laisser échapper un record qui lui tend les bras : « Ceci n?a aucune importance, je ne me concentre pas là-dessus. Je vais juste essayer de faire de mon mieux. » C?est justement ce qui effraie la concurrence car pour le Baron Rouge, Monaco c?est plus qu?un jardin. Sur le tourniquet monégasque, Michael Schumacher a remporté cinq de ses 75 succès. Et ceci en douze apparitions. « Conduire à Monaco, c?est un énorme challenge, confie le n°1 de la Scuderia. On est toujours à la limite. Les barrières sont si proches que la moindre erreur vous envoie dans le mur. »
Williams comme l?an passé ?
Le mur, c?est là où risquent d?aller les Williams-BMW si elles continuent sur leur lancée. Certes, les monoplaces de Sir Frank Williams font un bien meilleur début de saison que celles de Ron Dennis (McLaren-Mercedes), mais il n?y pas de quoi pavoiser. En fait, la seule chose qui peut donner le moral à Montoya et compagnie, c?est qu?en 2003 Monaco avait été le lieu de leur première victoire de la saison. Juan Pablo Montoya s?y était imposé et commençait une fantastique série positive. Celle-là même qui allait lui permettre de lutter pour le titre mondial jusqu?à Indianapolis.
Mais en cet an de grâce 2004, il semble qu?une autre équipe soit mieux placée pour faire chuter Ferrari de son piédestal. A Monaco, Renault paraît bien armée, peut-être mieux que BAR-Honda, même si Jenson Button clame haut et fort qu?il va monter sur le podium. Du côté du team français, pas d?effet d?annonce mais beaucoup de concentration et de travail. La R24 version améliorée n?a pas déçu à Barcelone et Trulli pense bien réussir un nouveau résultat positif à Monaco. Une seule condition, décrocher la pole position. « Pour mieux exploiter notre potentiel, il faut désormais que nous soyons plus performants en qualifications. A Monaco, ce sera capital puisqu?il est quasi impossible de dépasser. En partant derrière, on se retrouve coincé derrière des concurrents plus lents, on a beaucoup de mal à s?en dépêtrer. » Voilà en quelques mots, l?enjeu de Monaco résumé. Reste à mettre la théorie en pratique. Et ça ce n?est pas une mince affaire.
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