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Mon royaume pour un masque
Des couleurs chatoyantes, des miroirs, des expressions changeantes, des fleurs? autant de visages différents pour les masques qui viennent enrichir la collection du World Wide Masks Collection Museum (WWMCM).
Hier, 20 magnifiques masques Purullia Chauu (nom d?une danse), ont été donnés à ce musée par l?Indian Council of Cultural Relations. ?Je suis sûr que ces cadeaux généreux vont accroître la valeur intrinsèque de ce musée?, s?est enthousiasmé Palmesh Cuttaree, directeur du WWMCM.
Les masques sont généralement utilisés comme accessoires de théâtre par les paysans en Inde. Alors qu?il y a trois types de danses Chauu, seulement deux d?entre elles ? les danses Sareikella Chauu du Bihar et Purullia Chauu de l?ouest du Bengale ? utilisent des masques. Seuls les hommes participent aux danses Chauu, même pour interpréter des rôles féminins. L?importance de cette danse est telle, qu?en Inde, des écoles nationales enseignent la danse Chauu.
?Cette danse est vibrante, puissante et rituelle. C?est une imploration à Soorya, le Dieu du Soleil, qui utilise les masques et les costumes avec beaucoup de grâce et d?habileté?, explique Palmesh Cuttaree.
Les masques Chauu sont un élégant mélange de couleurs et de matériaux et, comme tous les arts, ils ont évolué au cours des siècles.
Au tout début, les dévots se peignaient le visage avec des couleurs vives, ce, jusqu?au au XVe siècle et durant la période religieuse intitulée Vaishnava, c?est-à-dire la résurgence des cultes de Krishna et Vishnu. La danse s?est développée en utilisant des masques de bois, considérés comme sacrés dans les rituels.
Plus tard, les masques ont évolué vers l?utilisation de matériaux légers comme la toile et les pigments de couleurs. ?Un art tout à fait indépendant était né. Les artistes talentueux imaginèrent un visage et le moulèrent dans l?argile puisée dans les lits des rivières. Ils y collèrent ensuite de la toile, des chiffons et de la couleur avant de le laisser sécher au soleil?, renchérit Palmesh Cuttaree.
Des acteurs, habillés de masques étoilés et de costumes légers et élaborés, jouent les rôles des dieux et des déesses. Ceux qui endossent les rôles de démons, comme Ravana, portent des masques grotesques ressemblant à des animaux tel le buffle.
Palmesh Cuttaree explique que le Sareikella Chauu est pratiqué au milieu du mois d?avril pour le festival de Gayan et tire ses thèmes du Mahabharata et du Ramayana.
Ce passionné de masques compte environ 175 pièces dans le musée, membre du Conseil international des Musées. Le World Wide Masks Collection Museum offre l?opportunité aux Mauriciens et aux touristes d?admirer des modèles venant du Canada, du Cameroun, du Congo, d?Indonésie, de la Papouasie Nouvelle-Guinée, de la Corée et même d?ici.
?Ce que j?aime avec les masques c?est qu?ils ont une histoire, indépendamment de l?art?, conclut Palmesh Cuttaree. Ces oeuvres sont simplement fascinantes et valent amplement le déplacement.
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