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Moment crucial our le MMM-PSM

29 octobre 2007, 00:00

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Puisque la fin d?octobre 1982 s?annonce décisive pour le gouvernement MMM-PSM, il convient de donner la parole à Paul Bérenger. Il tient un meeting, bien sûr d?explications, qui rassemble environ 250 personnes, à Curepipe. ?Ca sémaine divant nous là fon-da-men-ta-le pou gouvernement MMM-PSM-OPR. Anerood Jugnauth pé rentré le 18 octobre. Pou bisin tranché ène fois pour toutes. Pas pou capave continué tiraille tiraillé. Soit continué gouverné, soit nous alle dans élections zénérales.?

Les autres orateurs et lui rappellent longuement les travaux réalisés, en seulement quatre mois de gouvernement. Mais l?impatience commence à gagner les militants. Si l?impatience grossit encore, il n?y aura pas de répression, comme certains le souhaitent, promet Bérenger. Il ajoute que le MMM est fondamentalement démocrate. Rien ne se fera sans l?accord des militants. Il n?y aura pas de répression et personne n?aura l?occasion de jouer le rôle de martyr.

Il lance un avertissement so-len-nel aux commerçants, les mettant en garde contre toute tentative de stocker illégalement le riz de ration et la farine, en prévision d?une prochaine hausse de leur prix de vente, après la réduction des subsides. ?Si commerçants faire simagré avec di riz ek la farine, gouvernment pas pou hésité mette SMF ek Riot are zotte.?

Il confirme que l?ancien gouvernement travailliste avait consenti auprès de la Banque mondiale et du FMI que des subsides soient enlevés sur le riz et la farine et que le riz se vende désormais à Re 1,55 la livre. ?Augmentation prix di riz ek la farine péna barré. Nous pé faire coustic pou ki augmentation là li moins possible. Mais nous péna lé choix faire autrément.?

L?absence de choix tient au fait que la crise économique du début des années 1980 rend in-con-tour-nable le recours au FMI et à la Banque mondiale. Sans ces deux institutions, le pays se condamne à aller d?une dévaluation à une autre. Bérenger avoue ne pas les porter dans son c?ur mauve et militant mais il ne voit pas comment se passer de leur aide, comme de leurs diktats, avant 1984 sinon davantage. Il faudra encore au moins un lustre (N.B. et Lutchmeenaraidoo) avant que Maurice ne retrouve sa pleine indépendance économique. Ceux qui prétendent le contraire, sont des menteurs. Le problème du déséquilibre de la balance des paiements fait partie de l?héritage ca-tas-tro-phi-que laissé au MMM-PSM par l?ancien gouvernement travailliste. Il met aussi en garde contre la tentation de faire du secteur privé le bouc émissaire de tous les maux économiques de Maurice. Mais s?il faut le secouer, on peut compter sur lui.

Karl Offman, député de Vacoas-Floréal, explique que le PSM a décidé de ne pas présenter des candidats lors des élections municipales du 12 décembre 1982. Il comprend que le gouvernement MMM-PSM ne peut combler aussi vite l?immense espoir, suscité par les 60-0 du 11 juin 1982. Cela ne signifie toutefois pas que rien n?a été fait pour améliorer le bien-être des Mauriciens ni pour contrecarrer les fléaux qui les font le plus souffrir.

A son retour à Plaisance, Anerood Jugnauth évite de commenter les divergences entre le MMM et le PSM. Il prétexte le besoin de se renseigner auprès de ses collègues ministres avant de faire la moindre déclaration à ce sujet. Il est accueilli à Plaisance, entre autres, par Harish Boodhoo et par Kader Bhayat. La politique du coutiou coutiou bat son plein. Il ne s?émeut pas de la décision du PSM de ne pas présenter de candidats aux municipales du 12 décembre 1982. Chaque parti est libre d?agir comme il le souhaite, pourvu qu?il n?entre pas en confrontation avec les autres partis, surtout s?ils font partie d?une alliance politique.

Armoogum Parsooramen, président du PSM, confirme qu?il existe un malaise entre le MMM et le PSM mais que l?avenir du gouvernement n?est pas menacé. Il compte sur le retour de Jugnauth pour régler des différends existants et pour rétablir la confiance. Une des raisons de l?absence du PSM aux municipales du 12 décembre 1982 tient au fait que le PSM pense que, après la victoire 60 à 0 du 11 juin 1982, il a droit à une meilleure représentation sur les listes électorales que les 70%-30% acceptés avant les législatives du 11 juin 1982.

En ce qui concerne le projet de loi concernant la MBC, le PSM défend une question de principe. Le Conseil des ministres a avalisé son contenu. Vouloir, après coup, modifier celui-ci équivaut à remettre en cause une décision du Conseil des ministres. Il confirme le projet du PSM d?avoir prochainement un journal, Le Socialiste.

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