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Moka-Flacq en 1981
L’écrivain-historien B. Burrun présente, à la mi-novembre 1981, un bilan des activités du conseil des districts de Moka-Flacq pour l’année 1980-81. Il se base plus particulièrement sur le rapport annuel de cette collectivité locale pour l’année 1980. Ce document porte l’empreinte du secrétaire intérimaire de cette instance administrative, M.B. Mungur, futur auteur d’un livre très précieux sur les noms des différentes localités mauriciennes. Ce document se veut le reflet statistique de la performance de cet organisme pour cette année.
Il note d’emblée un nombre de 88 réunions de conseillers pour l’année 1980, soit deux réunions tous les sept jours ouvrables ou trois réunions par quinzaine. La plus régulière des commissions est celle chargée des Finances avec 23 réunions, soit une réunion sur quatre. Viennent ensuite le comité de tout le conseil avec 16 réunions, le conseil de districts avec 13, les travaux, le sport, le bien-être (9), le plan et espace (8), la santé (6), le comité cyclone (3) et la culture, éternelle cendrillon, avec une unique réunion annuelle. La kiltir ça !
Pour l’année financière 1980-81, Moka-Flacq dispose de revenus s’élevant à Rs 7,6 millions. Avec cet argent, ce conseil de districts entretient 200 000 pieds carrés de routes (Rs 247 050), en a rénové 115 000 pieds carrés endommagés par le cyclone Claudette (Rs 175 000), somme comprenant l’aménagement de drains. L’ambassade des Etats-Unis finance la construction de trois foires en plein air, à Sébastopol, Camp de Mascle Pavé et Dagotière. La section des Travaux examine et transmet au ministère du même nom 388 demandes de morcellement. Il accorde 742 permis résidentiels de développement, 69 permis commerciaux et 71 permis d’ateliers. Trois expositions de travaux d’artisanat et de couture ont lieu à Centre de Flacq, au MGI et à Bambous (non pas capitale de l’Ouest mais simple village occidental arbitrairement rattaché à nos districts les plus orientaux, comme quoi il faut de tout pour faire un centre).
Le rapport 1980 de Moka-Flacq indique très généreusement que ce conseil de districts fait un effort “appréciable” pour rendre plus salubres les villages de l’Est (quid de ceux de l’Ouest ?) Des toilettes publiques sont repeintes dans certains villages. D’autres disposent de nouveaux véhicules à ordures. Le ramassage des déchets se fait plus fréquemment et plus efficacement depuis le 1er décembre 1980. M. Burrun signale la tenue de deux conférences particulièrement intéressantes sinon prophétiques. Elles sont l’œuvre des experts français André Rivier et M. Gilet. Elles ont trait au schéma d’élimination des déchets solides à Maurice et à la fabrication du compostage à partir des détritus et ordures ménagères.
A-t-on progressé sur ces questions depuis ? Met-on en pratique les recommandations de ces deux experts ou est-on resté au stade de l’assistance passive, sinon somnolente, à d’intéressantes conférences sectorielles, en sachant pertinemment bien qu’il n’en sortira rien de concret, pour ne pas dire de révolutionnaire. Est-il seulement possible, 25 ans après, de retrouver trace de ces deux exposés, à la bibliothèque de Moka-Flacq, par exemple, ou même aux archives de son département des Travaux, à la Waste Authority, à l’université de Maurice, au Conseil mauricien des Recherches, dans les autres bibliothèques publiques, au ministère de l’Environnement ? Quelqu’un quelque part s’est-il souvenu de l’exposé de 1981 de M. Gilet sur le compostage, quand il a été récemment question de fabriquer des fertilisants à partir de nos déchets de plus en plus volumineux ? Si le génie mauricien est autosuffisant pour se passer des avis d’experts mondiaux, pourquoi les solliciter en vain, en sachant qu’ils ne seront pas pris en considération ? N’espérons surtout pas une réponse à toutes ces questions forcément oiseuses car elles ont trait à une lointaine éventualité, ne concernant que des déchets et autres ordures, thèmes sans intérêt, invoqués seulement lors de conférences et autres colloques.
Passons à des choses, sinon plus sérieuses, du moins plus nobles et moins terre-à-terre, selon un point de vue fonctionnaire et politique : le bien-être des populations rurales. Moka-Flacq affiche une quinzaine de réalisations dans des domaines aussi divers que le sport, la formation, l’accueil, l’esthétique, une course-marathon (Ebène – Quartier Militaire), deux festivals de carrom, des arcs-de-triomphe en l’honneur de Ji Peng Fei, à la bonne humeur contagieuse (à ne pas confondre avec di pain frit). Sans revenir aux déchets, il faut savoir que Moka-Flacq compte, en 1981, une quinzaine de cimetières, notamment à Beau Bois, Pointe de Flacq, Trois Ilots, Montagne Blanche, Espérance, Saint-Martin, Saint-Georges, Pailles, Choisy, Trou d’Eau Douce, Sébastopol, Alma, Circonstance, Flic en Flac, Midlands et Bambous. Ils sont sous la responsabilité de H. Khadaroo.
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