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Moins de sucre produit que prévu
L?industrie sucrière perd son sourire. La production sucrière de cette année devrait être encore moins bonne que celle initialement prévue. Le Crop Estimation Committee se réunit cet après-midi, sous la présidence de la Chambre d?agriculture, pour réviser à la baisse son estimation de début de coupe, à savoir de 570 000 tonnes. C?est une fois de plus le climat qui joue aux perturbateurs. Il a plu plus qu?il ne fallait en juillet et n?a pas fait assez froid la nuit et suffisamment ensoleillé le jour. Bref, aucune condition favorisant le mûrissement de la canne n?a prévalu.
L?industrie s?attend à récolter 5,4 millions de tonnes de canne cette année. A ce jour, environ le quart de ce volume a été récolté. Quelque 119 000 tonnes ont été produites. Le taux d?extraction est de 9,11 % pour l?ensemble de l?île, contre 9,80 % au même moment l?an dernier.
Ces résultats, publiés hier par le Mauritius Sugar Industry Research Institute (Msiri) au travers de deux bulletins, contraignent l?industrie à revoir ses calculs. Car même si le climat devait s?améliorer, l?impact du temps défavorable se fera sentir encore au moins un mois. Il n?y a que dans l?Ouest et dans le Nord que l?on peut s?attendre à des conditions plus sèches.
?Pour produire les 570 000 tonnes prévues, le taux d?extraction devra rester à un minimum de 11 % jusqu?à la fin de la coupe?, dit Jean Claude Autrey, directeur du Msiri. Les présentes conditions climatiques ne permettent pas d?espérer une telle amélioration du taux d?extraction. ?Tout le monde se plaint du froid. Mais pour la canne, il n?a pas fait assez froid. Ce qu?il lui faut, ce sont de belles journées ensoleillées et des nuits très fraîches.Elle a besoin de grandes différences entre les températures diurne et nocturne pour mûrir?, explique Autrey. Or, ces jours-ci, le ciel est généralement couvert et il pleut fréquemment.
A ce stade, le taux d?extraction s?annonce comme l?un des plus mauvais jamais réalisés au cours des quarante dernières années. Cela a été le cas aussi en 1960, année des cyclones Carol et Alix, quand l?industrie avait terminé la récolte avec 9,85, et en 1993. Dans ce dernier cas, la situation s?était améliorée durant les mois suivants pour atteindre les 10,46.
C?est dans l?Ouest que le taux d?extraction est le moins mauvais. Il est le pire dans le Nord, avec un taux de 8,6 contre 9,38 l?an dernier. L?Est est aussi en dessous des 9 %. Riche-en-Eau se distingue comme la seule usine à avoir dépassé les 10 %, avec un taux de 10,4. Savanah, sa voisine, est légèrement derrière, avec 9,96. Le seul espoir de mitiger l?impact d?un si faible taux d?extraction se trouve dans la productivité des champs en canne. Cette année, ceux-ci ont produit bien plus de canne par hectare que l?an passé.
Pour toute l?île, les planteurs-usiniers ont récolté 84,7 tonnes de canne à l?hectare, contre 79,4 tonnes l?an dernier. Ceux-ci, qui exploitent 60 % de la superficie sous canne du pays, ont récolté environ 26 % de leurs cultures, contre 24 % l?an dernier. C?est dire que la récolte avance plus vite. Chaque hectare de cannes récolté permet de produire 7,72 tonnes de sucre. L?année dernière, cette productivité était de 7,78 tonnes par hectare.
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