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MMM-MSM et travaillistes se renvoient la politesse

30 novembre 2003, 20:00

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Une fois de plus, le Parti travailliste (PTr) et l?alliance MMM-MSM au pouvoir se sont livrés à un duel verbal par presse interposée, samedi. L?élection partielle de Piton?Rivière-du-Rempart, avec le dépôt de candidatures aujourd?hui, était dressée en toile de fond.

Chacun se dit très confiant d?une victoire confortable et prédit la débâcle chez son adversaire. Chacun critique la manière de l?autre de mener campagne. Chacun accuse l?autre de recourir à une ?milice privée? pour intimider les électeurs et les activistes du camp adverse. Chacun tient l?autre pour partenaire privilégié du Hizbullah, parti musulman.

Le PTr s?est fait entendre le premier, tard dans la matinée. Navin Ramgoolam s?est entouré de tout l?état-major au quartier général du parti pour environ une heure de monologue face à la presse. Des interruptions dans la fourniture d?électricité l?ont contraint à redémarrer à plusieurs reprises. Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre et ministre des Finances et aussi responsable de campagne, est intervenu au restaurant La Bonne Marmite, entouré de ses collègues membres du Campaign Committee.

?On arrache des promesses de vote à coup de menaces de représailles. Des ministres et leurs activistes se livrent à ce jeu méprisant. Une milice, importée d?ailleurs dans la circonscription, intimide nos partisans. La police s?y met aussi et harcèle ceux qui veulent bien accueillir les réunions travaillistes chez eux?, s?est indigné Navin Ramgoolam. Il a demandé au commissaire de police de rappeler à l?ordre ses hommes.

?Les habitants de la circonscription sont les meilleurs témoins. J?ai une crédibilité et je sais faire la politique. Ce sont en réalité nos activistes qui sont victimes de tentatives d?intimidation venant des travaillistes?, rétorque Rajesh Bhagwan, ministre de l?Environnement et un des responsables de campagne. Il affirme que les meneurs de campagne rouge circulent en compagnie de ?gros bras et de récidivistes notoires, fichés à la police et au passé lourd?.

Le leader de l?opposition a également reproché au camp adverse de multiplier les actes de corruption électorale. ?On fait des promesses d?emploi. On accorde des transferts aux fonctionnaires sur demande?, a-t-il dénoncé. L?alliance au pouvoir abuse également de l?appareil d?Etat en multipliant les manifestations officielles dans la région, s?est-il plaint.

?Tout ceci est très loin de l?idée qu?on peut se faire d?une élection really free and fair, comme aime le dire Bérenger. Nous allons écrire à l?Electoral Supervisory Commission. Nous allons aussi attirer l?attention de la communauté internationale là-dessus?, a indiqué Navin Ramgoolam.

L?alliance gouvernementale, elle, fustige l?opposition pour sa campagne raciste et communale. Elle lui reproche aussi de s?abaisser à des attaques personnelles contre leur candidat, Prakash Maunthrooa. ?La vérité est que ce candidat leur fait peur. Le leur ne fait pas le poids?, estime Pravind Jugnauth.

?Campagne plus civilisée?

Prakash Maunthrooa, présent au point de presse, a dit sa tristesse devant la ?campagne bien orchestrée? menée par l?opposition contre sa famille et sa propre personne. Pour sa part, Rajesh Jeetah, le candidat travailliste, a gardé le silence à la conférence de presse de son parti.

?J?avais cru que la campagne allait être plus civilisée. Que le droit constitutionnel du candidat à une vie privée serait respecté. Je ne m?attendais pas à une telle bassesse de la part de supposés professionnels et anciens ministres. Même ma foi et ma religion sont en train d?être remises en question. Qu?est-ce que tout ceci a à faire avec ma candidature ?? s?est demandé Prakash Maunthrooa.

Le candidat MMM-MSM qualifie les allégations faites à son égard de ?fausses? et ?dangereuses?. Il se dit néanmoins insensible à ces attaques et déclare être très satisfait de la réaction de l?électorat à son égard.

L?opposition en a également pris pour son grade par rapport à la ?démagogie? autour de la récente mission du ministre de l?Agriculture. Navin Ramgoolam l?interprète comme une distanciation de Pravind Jugnauth de la campagne. ?Il sait qu?il va perdre et que Bérenger, ayant vu cela venir, s?en est déjà lavé les mains. Il cherche à son tour à se dissocier?, avait dit Navin Ramgoolam. Pravind Jugnauth a expliqué la nature de sa mission et s?est étonné que le PTr, parti de deux anciens ministres de l?Agriculture, véhicule de telles ?insanités?.

Cela a été un prétexte pour Pravind Jugnauth de revenir sur ce qu?il estime être la ?faillite totale? du PTr en tant qu?administrateur des affaires de l?Etat. Il a également critiqué l?ancien ministre des Finances, Rama Sithanen, pour ses analyses économiques, selon lui, subjectives.

La campagne ne fait pas perdre de vue aux travaillistes leur cible principale, à savoir Paul Bérenger comme Premier ministre. Navin Ramgoolam a consacré la première moitié de son point de presse à expliquer qu?en Inde, Paul Bérenger est mal accepté comme chef du gouvernement mauricien. Il considère que l?accueil réservé au Premier ministre lors de sa récente mission en témoigne amplement.

Les adversaires disent accélérer le tempo à partir d?aujourd?hui sur le terrain à Piton?Rivière-du-Rempart. Rajesh Bhagwan promet même un changement de style.

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