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MMM et MSM divisés sur la réforme électorale
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MMM et MSM divisés sur la réforme électorale
Un profond désaccord existe entre les partenaires de l?alliance au pouvoir au sujet des modalités de la réforme projetée du système électoral. Les divergences sont telles que le comité parlementaire chargé de faire des propositions n?a pu trancher la question. Le président de cette instance, Ivan Collendavelloo, a remis hier au speaker de l?Assemblée nationale un rapport contenant deux formules distinctes. Il incombe maintenant au cabinet d?effectuer le choix final.
Les divergences portent sur le mode de désignation des députés suivant la représentation proportionnelle (RP). Les deux propositions figurent dans le rapport. Il s?agit de l?annexe A, qui est soutenue par les membres du MMM siégeant au comité, et de l?annexe B, défendu par les députés MSM. Ivan Collendavelloo, Ajay Gunness et Veda Baloomoody font partie du premier groupe tandis que Emmanuel Leung Shing, Raviraj Yerrigadoo et Leela Devi Dookun Luchoomun constituent le second. Madan Dulloo, Siddick Chady et Louis Joseph Von Mally siégeaient également au comité parlementaire.
Dans les deux formules, il est proposé que le Parlement soit composé de 62 députés élus selon le système actuel de First Past The Post (FPTP) et huit députés selon le Best Loser System. La formule A préconise, en outre, la désignation de 30 autres députés selon un système de RP. Le but est de corriger la sous-représentation éventuelle d?un parti. Ceux qui seront élus suivant le mode de la RP devront figurer sur une liste (Party List) élaborée d?avance par leur parti.
La formule B, en revanche, ne fait aucune référence à une party list. Elle propose que le choix des 30 autres députés soit fait parmi les candidats malheureux. Ce mode de désignation, ardemment soutenu par le ministre Leung Shing, est vivement contesté par les députés MMM qui ont fait partie du comité parlementaire. Ceux-ci font ressortir qu?elle résultera simplement en la nomination de 38 best losers.
Sollicité pour un commentaire sur le rapport, Ivan Collendavelloo a fait la déclaration suivante : «Le gouvernement a d?abord institué la commission Sachs. Devant cette instance, toutes les parties ont été unanimes que le système actuel ne sert pas la cause de la stabilité et de la démocratie. Le Parlement a ensuite nommé un comité d?élite pour proposer des mesures afin de mettre en pratique les recommandations de la commission Sachs. Ce comité n?avait pas le droit d?outrepasser ses attributions. Ce n?est que sur le tard qu?une proposition a émergé de l?esprit d?un de nos membres. Elle est basée sur ce qui existe aux Seychelles et sur ce qui avait existé très longtemps au Mexique. Je ne suis pas d?accord que Maurice adopte un système mexicain pour la bonne et simple raison que ce système avait résulté en une révolution au Mexique.»
Les députés MMM ont soutenu la formule A, disent-ils, surtout parce qu?elle est «capable de corriger la sous-représentation des femmes au Parlement». Chaque party list devra obligatoirement inclure six femmes parmi les douze premiers candidats alignés. Pour Ivan Collendavelloo, «il est inadmissible que les femmes qui forment 52 % de notre électorat ne soient représentées que par quatre ou cinq au Parlement même si elles sont valeureuses et courageuses». Selon lui, la formule A garantit que les femmes seront élues et non pas nominées.
Des recoupements d?informations permettent d?établir que ce sont les résultats des élections tenues à Rodrigues récemment qui ont refroidi le MSM à l'égard de la RP. Ce parti avait été jusque-là un adepte du système de la RP basée sur celui de la Party List. Depuis, son principal souci est que la nomination sur le mode de RP pourra remettre en question la prédominance du parti qui a remporté la joute selon le système traditionnel du FPTP. Au MMM, on fait remarquer que cette peur n?est pas fondée qu?il y a peu d?analogie entre la configuration de l?électorat mauricien et celle de sa principale dépendance.
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