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Missions à accomplir
Le futur Premier ministre le sait : contre ses détracteurs qui mènent campagne contre sa personne, il ne peut brandir qu?une carte, celle d?une économie en bonne santé, « remise sur les rails ». Il s?y est déjà attelé sur le plan médiatique en s?octroyant, lors de sa dernière rencontre avec la presse en tant que ministre des Finances, un certificat de mérite : « Je pars avec le sentiment du devoir accompli ».
Si on se base sur certains indicateurs (inflation ramenée à 4 %, niveau record des réserves en devises), Paul Bérenger a effectivement contribué à assainir les finances publiques. En revanche, sur d?autres tableaux économiques, nous sommes toujours dans le rouge après les trois années au pouvoir du gouvernement MSM-MMM. Le public n?a pas encore le sentiment de mission accomplie. Certes, il constate des chantiers de développement, mais personnellement il n?a pas encore goûté aux fruits des sacrifices qu?on lui a réclamés. Alors il peste toujours contre cette « ceinture » que Bérenger a « ser-
rée » : la taxe à la consommation est passée de 10 à 15 points. Economiquement, les défis ne sont pas évidents. La mission n?a pas été accomplie pour ce qui est de deux clignotants majeurs, toujours au rouge, malgré toute la volonté de Bérenger : la dette publique reste élevée et le déficit budgétaire très inquiétant. Le futur ex-ministre des Finances se réfugie principalement derrière le PRB et la compensation salariale. Mais pourquoi seulement aujourd?hui envisage-t-il ce que nombre d?économistes ressassent depuis longtemps : revoir les investissements, réduire les dépenses, ne pas courir trop vite, bref, revoir le New Economic Agenda, plan de relance mis sur pied en 2000 et tellement flatté depuis...
Un autre défi, bien plus difficile, est d?augmenter les revenus. Or Cancùn n?a donné qu?un « breathing space » à deux secteurs clés de notre économie. En effet, le textile et le sucre sont sérieusement menacés.
Le tourisme aussi s?essouffle. Et on ne sait pas encore si le secteur des nouvelles technologies saura jusitifier la hauteur de notre ambition qui dépasse la tourd?Ebène : un autre miracle économique, comme annoncé par Jugnauth-père.
Les trois indicateurs sur lesquels les détracteurs de Bérenger (ceux qui peuvent critiquer correctement, sans avoir recours à des arguments épidermiques) tablent, sont la croissance (nettement en dessous des attentes), le chômage (un taux alarmant peu importe la méthode de calcul) et l?investissement.
Selon Pierre Dinan, économiste, comme ces trois facteurs sont liés, le défi, jusqu?ici pas atteint, est de faire redémarrer l?investissement, pas celui de l?Etat, mais du privé. Bérenger aura beau s?agiter, multiplier les belles déclarations à l?égard de son successeur et de son équipe de conseillers, targuer sur les relations « excellentes » entre secteur public et secteur privé, rendons-nous à l?évidence : nous dépendons de l?étranger. La dernière conférence de l?OMC nous l?a rappelé.
En réalité, c?est sur le plan mondial qu?on a des défis à relever. A ce jour, un sentiment d?incertitude plâne, certainement pas de satisfaction. Aux Finances, les ministres passent, le danger, lui, demeure.
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