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Mise en demeure des pêcheurs pour récupérer leurs bateaux

20 octobre 2004, 20:00

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Quelque 90 pêcheurs ayant leur point d?attache à Pointe-aux-Sables, ont hier après-midi fait servir une mise en demeure au Premier ministre (PM) Paul Bérenger, à l?Etat et au commissaire de police, à travers leur avoué Manoj Appado. Ils contestent la saisie de leurs bateaux et de leurs équipements de pêche par la National Coast Guard (NCG) aux petites heures du matin mardi.

Décidés à faire entendre leurs revendications, ils n?écartent pas l?éventualité d?une manifestation. ?Si rien n?est fait, nous organiserons une manifestation pacifique devant les bureaux de Paul Bérenger. Il se peut même que nous réclamions la démission du ministre de la Pêche, Sylvio Michel?, explique Judex Ramphul, le porte-parole des pêcheurs.

Alors qu?il leur est reproché d?avoir entravé les opérations de la drague suceuse Jerommeke, les pêcheurs arguent n?avoir à aucun moment violé la loi. ?Such arrest, seizure and detention were illegal, in breach of the laws of the land?and in defiance of their human rights?, peut-on lire dans leur mise en demeure. Ainsi ils réclament la restitution de leurs bateaux et de leur matériel. Au cas contraire, ils n?auront d?autre recours, disent-ils, que d?entrer une action en cour.

A terre? C?est le sort d?une cinquantaine de propriétaires de bateaux et d?autres pêcheurs qui travaillent à Montagne-Jacquot. Levés à l?aube hier, ils débarquent à Les Salines en espérant pouvoir reprendre leurs embarcations retenues par la NCG. Peine perdue !

Qu?à cela ne tienne, ils se rendent au poste de police de Pointe-aux-Sables pour porter plainte. Lundi, ils manifestent déjà leur mécontentement contre l?interdiction de pêcher au large de Montagne-Jacquot suite à l?entrée en opération de Jerommeke dans le cadre du projet tout-à-l?égout. Ils entravent les travaux d?excavation avant de passer la nuit dans leurs embarcations. Escortés par la NCG à Les Salines aux petites heures du matin mardi, ils sont arrêtés puis relâchés, mais leurs bateaux sont saisis.

Perte des casiers

Les pêcheurs réclament, à travers leur avocat, Me Madan Dulloo, une compensation de Rs 200 000 à la place de l?allocation mensuelle de Rs 4 000 qui devait leur revenir pour toute la durée des travaux de dragage. Exaspéré, Ramesh Chuttoo, habitant Pointe-aux-Sables et pêcheur depuis dix ans, affirme n?avoir pas été mis au courant du début des travaux d?excavation. Résultat : il a perdu la quasi-totalité de ses casiers.

?Lundi matin, je suis allé pêcher dans ma zone habituelle et j?ai constaté que la drague suceuse était en opération. Si j?avais été prévenu, j?aurais enlevé mes casiers??, explique-t-il sous les regards approbateurs des autres pêcheurs. Après la saisie de son bateau, ajoute Ramesh, il lui est impossible d?assurer son gagne-pain quotidien.

?Nos finances sont précaires, souligne Judex Ramphul. Nous devons travailler.? Cri du c?ur des autres : ?La pes se nou metie sa, nou finn soizir sa la vi la. Pena simin ki zot tir sa ar nou !?

Les propriétaires des pirogues partagent aussi leurs inquiétudes sur l?état de leurs embarcations amarrées à quelques mètres de la plage. ?Nous lavons nos moteurs après chaque sortie en mer. Cela fait maintenant trois jours que nos bateaux ont été saisis et les moteurs, exposés au soleil et à l?eau de mer pendant tout ce temps, risquent d?être endommagés?, explique Richard Sébastien qui espère qu?une solution soit trouvée au plus vite afin qu?ils puissent pêcher à nouveau.

Outre la compensation de Rs 200 000, les pêcheurs réclament qu?une étude soit réalisée sur l?impact du dragage sur la flore et la faune marine au large de Montagne-Jacquot.

DÉVELOPPEMENT HÔTELIER

Voile d?Or sème la grogne

■ Après le ?Taj Exotica?, à Wolmar, c?est le ?Voile d?Or?, à Bel-Ombre, qui souffle le trouble parmi les pêcheurs artisanaux de la région. Ils s?insurgent contre les travaux entrepris par le nouvel hôtel qui aménage deux zones de baignade dans le lagon mais là où l?eau est peu profonde. ?Beaucoup de coraux ont été enlevés et nos activités sont menacées?, estiment les pêcheurs. Ils ont fait part de leur mécontentement et entrepris des démarches pour porter plainte.

Pour Philippe Requin, directeur de ?Elegant Heritage?, société dont fait partie le ?Voile d?Or?, les travaux ont obtenu toutes les autorisations nécessaires. ?Nous avons dépensé beaucoup pour les études appropriées, nous avons obtenu nos autorisations lundi dernier, et je crois que nous avons démontré notre bonne foi.?

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