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Mince marge de manoeuvre pour le grand argentier

17 février 2005, 00:00

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Le Vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, ne se fait pas d?illusions. Au mois de mars, il présentera son budget dans un contexte précaire, dit-il. Le grand argentier devra pouvoir man?uvrer entre une conjoncture internationale qui ne nous fait point de cadeau et une situation budgétaire encore toujours serrée.

Le déficit budgétaire reste préoccupant. ?Il nous faut absolument réduire le déficit à un niveau soutenable. Nous avons déjà fait beaucoup d?efforts dans cette direction. Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en 2000, le déficit était chiffré à 6,7% du produit intérieur brut (PIB). Aujourd?hui le déficit représente 5,4% du PIB?, explique Pravind Jugnauth lors d?un point de presse qu?il a animé hier à son bureau. L?objectif déclaré du gouvernement est de le ramener à 5% du PIB avant la fin de son mandat. Le trou dans les finances de l?État se chiffrait à Rs9,2 milliards (5,6% du PIB) en 2003-2004.

<B>Chantiers budgétivores</B>

Le gouvernement a beaucoup investi dans la construction des écoles, des routes, des parcs informatiques, des facilités sportives (pour les Jeux des îles en particulier), des services de la santé, du système de tout-à-l?égout? La pression sur le budget de développe- ment est toujours grande. Le grand argentier a encore des chantiers budgétivores à financer, comme l?autoroute du Sud-Est et la mise en place du tout-à-l?égout. La note pour cette année fiscale tournera autour de Rs 7,4 milliards.

Au niveau des revenus, le gouvernement compte beaucoup sur la Mauritius Revenue Authority (MRA) pour faire rentrer plus d?argent dans les caisses de l?État. ?C?est une grande réforme que nous sommes en train d?apporter. Toutes les personnes et les entités qui doivent payer la taxe vont devoir le faire?, indique le grand argentier. Selon les prévisions, les différentes taxes directes et indirectes rapporteront Rs 32,7 milliards (93 % des revenus globaux) à l?État pour l?année financière en cours, selon les prévisions.

Gouvernement et opposition n?ont cessé de se renvoyer la balle sur la responsabilité d?un inquiétant déficit public. Les dirigeants actuels accusent les travaillistes de leur avoir légué un lourd héritage en 2000. L?opposition travailliste, par contre, soutient que le régime actuel dépense trop et gère mal ses dettes. Le ministère des Finances ne parvient pas à agencer ses emprunts de manière convenable, allèguent les critiques. La dette publique avait atteint Rs 93,4 milliards à juin 2004.

Les travaillistes reprochent au gouvernement de n?avoir pas exploité des sources de revenus telle la privatisation et d?avoir investi dans des fonds publics avec des projets, comme la construction de la cybertour à Ebène, qui étaient plus à même d?intéresser les opérateurs privés.

Outre l?opération de rééquilibrage des finances de l?État, le prochain budget devra se pencher sur d?autres priorités: la relance de l?investissement et la création d?emplois ; le combat contre la pauvreté et la démocratisation de l?économie.

L?investissement privé a connu une croissance de 13 % en 2004, après une période de contraction. Le prochain budget devrait stimuler davantage la mobilisation des fonds privés dans des projets susceptibles de relancer l?emploi et de propulser la croissance sur une trajectoire supérieure. Le gouvernement concède que le taux de croissance de 5% prévu cette année ne suffira pas à réaliser la transformation économique. Le PIB doit pouvoir progresser par au moins 7 à 8%annuellement pour que le pays puisse accéder au rang des high income countries sur le moyen terme.

<B>?Il faudra faire plus d?efforts?</B>

?La question du chômage recevra toute notre attention. Il y a eu beaucoup de jobs créés ces quatre dernières années, mais il faudra faire plus d?efforts. C?est la raison pour laquelle nous demandons au secteur privé d?investir plus?, déclare Pravind Jugnauth.

Maurice, un nouveau paradis hors taxes?Le grand argentier affirme que c?est seulement une idée parmi tant d?autres à l?étude par son ministère. ?Cela ne veut nullement dire que nous allons la mettre en pratique durant le prochain exercice budgétaire. Il y a certes des opportunités, mais il y a aussi des obstacles à la concrétisation d?un tel projet?, explique le vice-Premier ministre.

Ce dernier repousse aussi toute crainte autour d?un éventuel ?budget électoraliste? à quelques mois des législatives. ?Nous sommes un gouvernement responsable?, répond-il face à ces motivations qui lui sont imputées.

Le ministère des Finances a bouclé hier l?exercice de consultations pré-budgétaires. Le Joint Economic Council et les autres organisations représentant les opérateurs ont été les derniers à soumettre leurs propositions au gouvernement.

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