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Mille et une nuits en quelques jours?
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Mille et une nuits en quelques jours?
Il est 23 heures, heure de Maurice. Le Mall of the Emirates grouille de monde. Les badauds se perdent dans les méandres de l?une des plus belles galeries commerciales de Dubayy. Luxueuse et rutilante, elle abrite tout ce que la société de consommation fait de mieux en matière de vêtements, de parfums, de chaussures, de montres... Pleins à craquer, les restaurants dégagent des odeurs subtilement épicées. Un air de jazz plane dans les couloirs. C?est une nuit ordinaire qui ne fait que commencer dans la vie de Dubayy?
Pendant que Maurice dort à poings fermés, la métropole arabe du 21e siècle passe d?aujourd?hui à demain en fanfare. Entre les deux pays, il n?y a pas de décalage horaire, seulement une différence de situation. Dubayy est le véritable nombril du monde, admirablement situé, sur la mappemonde, entre le nord et le sud, l?est et l?ouest. Capitale du shopping (surtout durant les fêtes de fin d?année), destination touristique, ville cosmopolite, elle est aussi et surtout la métropole de demain.
Avec ses 1,2 million d?habitants, dont 80 % d?expatriés, la ville aux 180 nationalités, aux hôtels sept-étoiles, ne semble jamais s?arrêter. Dans les hôtels, les centres commerciaux, les bureaux mais sur les chantiers surtout. Elle rogne rapidement sur le désert? et sur la mer !
8e merveille du monde
Dubayy abritera dans quelques années la plus haute tour du monde qui émerge déjà du désert, Burj Arab Center. Ainsi que le plus grand parc d?attraction, le plus grand centre commercial, le plus grand aéroport? The Palm, The World, les îlots artificiels de Jumeirah, qui abriteront des lotissements de luxe pour milliardaires, prennent le meilleur de l?océan. Et ils sont en passe de recevoir le titre de 8e merveille du monde
?Nous voulons tout simplement être la destination numéro un?, dit d?un air détaché Abdullah bin Suwaidan, du Département du tourisme et du marketing de Dubayy. Le rêve date d?à peine 15 ans. Il en reste encore 90 % à réaliser. Pas une sinécure si l?on considère le trajet parcouru par le petit port de pêche et de commerce des années 1950? ?Tout sera prêt en 2010?, lâche Abdullah bin Suwaidan. On le croit. Forcément.
Les îlots, la tour, le centre commercial : les visiteurs devraient affluer par millions : ils seront 15 millions en 2010. Et les investisseurs, eux, font la queue. ?Vendre Dubayy est devenu facile aujourd?hui??
Mais la ville n?a pas sacrifié pour autant son âme. Les traditions côtoient le modernisme. En remontant le Dubayy Creek, le canal qui sépare la ville en deux, on passe comme par enchantement du futur démesuré des tours de verre au passé simple des souks et des boutres, bref, à une ville également bien ancrée dans le présent. ?Nous sommes un exemple pour le monde arabe et nous sommes fiers de notre ville. Mais nous avons aussi une vision et c?est cela qui est important et qui fait la recette du succès?, poursuit Abdullah bin Suwaidan.
Le rêve a cependant un prix. A l?envers du décor, la vie n?est pas rose tous les jours. Nombreuses sont ces petites mains pakistanaises, philippines, indiennes qui subissent des journées interminables, dorment dans un 5m2 et mangent debout? Le travail, on l?a dit, est partout.
?Les gens gagnent bien leur vie mais ils sont ici avant tout pour l?argent. Tu travailles ou tu pars?, n?hésite pas à dire Véronique Forget. Cette chanteuse de jazz mauricienne travaille dans le spectacle à Dubayy depuis quatre ans. ?Tout est possible à condition de respecter les règles?, ajoute-t-elle. Autrement dit, il faut s?accrocher?
Et malgré les conditions souvent difficiles que rencontrent certains expatriés, Dubayy reste un aimant dont il est difficile de se détacher. Pour le visiteur, l?attraction est encore plus forte. Il suffit d?y passer quelques jours pour que la magie des mille et une nuits vous propulse dans un avenir qui paraît soudain si proche.
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