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Mike Mounawah se la joue perso …

15 novembre 2004, 00:00

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Mardi après-midi, le judoka Mike Mounawah a mis le cap sur la Nouvelle- Zélande. La raison de ce voyage : les championnats du Commonwealth qui se tiendront ce week-end au Trusts’ Stadium, à Waitakere, à Aukland. Et selon Joseph Mounawah, son fils n’a pas de comptes à rendre à la presse car il part par ses propres moyens : “Mike pena déclaration pou fer car li pé paye so déplacement.”

Soit, on veut bien. Mais est-ce qu’un sportif indépendant a le droit de participer aux Championnats du Commonwealth ? On en doute fort. Chaque judoka qui participe à ce tournoi international anglophone doit représenter un des cinquante-trois pays du Commonwealth. Maurice en fait partie et c’est sous la bannière mauricienne que Mike Mounawah s’y rend. Qu’on ne vienne pas nous dire que c’est une participation “privée”.

Qui plus est, il se trouve que le judoka n’est pas si indépendant que cela… Pour financer son billet d’avion, le judoka a frappé à la porte du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Il nous revient qu’il y a fait une demande pour avoir un rabais de 50 % sur son billet d’avion par le biais de la Fédération mauricienne de judo (FMJ). Demande qui, d’ailleurs, a été agréée. Et quand on bénéficie des faveurs du ministère, on a des comptes à rendre à la nation mauricienne.

Bien que Mike Mounawah n’ait pas de déclaration à nous faire, il explique dans un quotidien que s’il se déplace, c’est parce que ça fait longtemps qu’il n’a pas eu de compétitions internationales.

En effet, après son échec aux Championnats d’Afrique de Tunis, le 7 mai dernier, Mike Mounawah n’avait rien à faire au Centre international de judo de Rabat. Sa bourse de la Solidarité Olympique s’arrêtait avec sa non-qualification pour les Jeux Olympiques d’Athènes, son échéance primordiale.

Néanmoins, son séjour au Maroc aura duré un an… Sa bourse de la Solidarité Olympique obtenue en 2001 (grâce à sa prestation au tournoi intervilles et un titre de meilleur judoka lors du tournoi par équipes de Trappe en mars 2001) lui aura, également, permis de faire le tour du monde.

En somme, Mike Mounawah est le judoka à bénéficier de plus de faveurs de la FMJ. Serait-ce seulement parce qu’il s’appelle Mounawah et que son père est l’entraîneur national ?

La question reste posée car les résultats engrangés au cours de sa carrière sont pitoyables comparés à ceux d’Antonio Félicité, de Dolly Moothoo ou autres. Rien que pour les deux dernières années, alors qu’il bénéficiait de stages et de tournois internationaux, d’autres s’entraînaient à domicile et produisaient de meilleurs résultats…

Ses résultats sur le continent africain n’équivalent pas l’énorme investissement dont il a fait l’objet. Il n’a jamais obtenu de médaille aux Championnats ou aux Jeux d’Afrique. Pour les Jeux d’Afrique en 2003, Mike Mounawah est tombé au premier tour et aux derniers Championnats d’Afrique, il avait perdu au second tour.

Sur le plan régional, c’est encore pire. En 2003, lors du grand rendez-vous indianocéanique dont les Jeux des îles, Mike Mounawah n’a même pas atteint la finale alors que les Antonio Félicité, Laval Collet, Priscilla Chery-Lebon ou autres Dolly Namasivayen, qui se sont rarement déplacés, ont décroché l’or.

Bref, Mike Mounawah peut bien se rendre en Nouvelle-Zélande ou au bout du monde s’il en a envie mais que lui et son entourage ne viennent pas justifier l’injustifiable et nous prendre pour des imbéciles !

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