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Midas et l?or

6 septembre 2007, 00:00

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<B> Par Raj MEETARBHAN</B>

C?est un gâchis. Les eaux mauriciennes sont parsemées d?îlots mais l?Etat n?arrive pas à optimiser cette ressource. Ces petits bancs de sable qui nous entourent recèlent en effet d?innombrables richesses encore inexplorées ou qui profitent à un petit nombre de bénéficiaires de baux. Il est impératif de revoir toute la politique officielle concernant l?exploitation de ces îlots.

Le dossier sur le patrimoine foncier national, que nous publions plus loin, est révélateur. L?Etat a renoncé à une excellente occasion de renflouer ses caisses en bradant ses ressources. Nous découvrons, notamment, que l?îlot Gabriel qui a été loué à bail à Monsieur Jayraj Woochit rapportera une fortune au bénéficiaire mais seulement une faible pitance à l?Etat. Grâce à l?exploitation de l?îlot Gabriel, la société Ocean Blue Island dudit Monsieur Woochit, encaissera en moyenne Rs 120 000 par jour. Ce chiffre pourra atteindre Rs 200 000 durant la saison haute. Or, le montant annuel qui sera versé par le locataire à l?Etat s?élève à Rs 60 000, une somme dérisoire. En outre, le locataire n?a investi que Rs 500 000 dans ce projet pour le nettoyage et l?aménagement d?infrastructures légères.

Dès lors la question se pose : pourquoi l?Etat ne procède-t-il pas à la location de ses terres selon le principe des enchères ? Certes, on peut arguer que cela favorisera les possédants. Ce n?est pas faux mais il s?agit néanmoins d?une formule gagnant-gagnant à travers laquelle à la fois l?Etat et l?opérateur trouvent leur compte. La mise aux enchères sera un système transparent qui mettra le gouvernement à l?abri de toute critique. Selon la rumeur publique, le copinage et l?affairisme sont la règle. Le système actuel d?attribution des baux est perçu comme favorable à une caste de courtisans. Le gouvernement voudra bien tordre le cou à ce mythe?

De la même manière on a du mal à comprendre pourquoi les terres tant convoitées de St. Félix n?ont pas été allouées au plus offrant, ce qui aurait permis à l?Etat de réaliser une bonne affaire. L?ancien détenteur du bail, le groupe Ouest Concassage s?est vu arracher le terrain de plus de 30 arpents, qui lui était réservé, au profit d?une société grecque, la Midas Acropolis. Pour beaucoup, l?affairisme d?Etat est passé par là. A tort ou à raison, l?opinion publique refuse de s?accommoder des explications techniques données par le ministre des Terres car la proximité avouée entre le promoteur grec et un dirigeant travailliste rend la transaction suspecte. Ces suspicions n?auraient pas existé si le gouvernement avait opté pour un système transparent d?allocation des terres de l?Etat au plus offrant.

Comme Midas, qui avait la faculté de changer en or tout ce qu?il touchait, le gouvernement peut transformer en une mine d?or les quarante îlots à valeur patrimoniale et écologique qui nous entourent.

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